jeudi 6 novembre 2008

Je veux une thérapie... même si ça va juste être inventé dans 5000 ans

Salem est allé rejoindre Vanna, qui a été très mignonne à se jeter dans ses bras. (Gros soupir) Je suis jalouse… Ariste, Kerns et moi sommes allés vers le haut pour chercher Lou (les éclairs, c’était lui). Du haut, nous avons pu constater que le gros rocher avait une forme draconique. Alors ça serait Laguna? Et je lui ai arraché une écaille? Muuu… Au plafond, il y avait une craque et à travers nous pouvions apercevoir la lumière qui se dégageait des ailes de Lou. J’ai demandé à Kerns de redescendre en bas pour qu’il fasse de l’ombre du le sol avec ses ailes de libellule. Je me suis ensuite téléportée à côté de Lou et je nous ai ramenés près de Kerns.
-Thanks.
-De rien. Tu peux redescendre Ariste!

Lou était pris là depuis deux jours. Il a donc accepté avec joie les bananes et les noix de coco qu’il s’est fait offrir. Nous lui avons expliqué la situation. Il était déjà au courant pour l’île. Elle serait apparemment cursée par les dieux. Quand il a su pour les deux tarpans, il n’a pas été trop surpris, à cause de la grande magie qui se trouvait ici. Alors c’est une conséquence possible de se trouver sur cette île? Se faire cloner? Je ne suis pas sûre que j’ai envie de me retrouver avec une deuxième moi.
Julius étant parti voir Laguna, nous avons attendu qu’il revienne avant de prendre une décision. À son retour, nous avons décidé d’aller chercher Kyle et Talis. Ça pressait plus que d’explorer cet endroit. Je l’ai caché du mieux que je pouvais, mais j’étais morte d’inquiétude pour Talis. S’il se trouvait vraiment au village des cannibales et qu’ils lui avaient fait du mal ou pire, s’il était… Je ne sais pas comment je réagirais.
-Lilianna, m’a demandé Julius, vous pouvez vérifier avec vos épées s’il n’y a pas d’autres créatures?
-…Je sens… des poissons… des rats… des souris… et…
-Wra?
-… un Café.
Je l’ai transporté jusqu’à moi par son ombre.
-Wra? Wra?
Pate, pate. Bon Café. Je suis contente de te voir et je t’aime même si tu es encore amnésique.
-Wra?
-Ce truc est encore là? s’est étonné Lou.
Il a même une médaille! Lui aie-je répondu.
-Oh god…
Quoi? Pourquoi personne à part moi n’aime Café?
Kerns m’a donné une chaîne qu’il m’avait fabriquée pour Café… au cas où je voudrais aller le promener. J’ai apprécié l’attention et j’ai gardé la chaîne, mais je ne l’ai pas mise à Café. Je ne crois pas qu’il aimerait se faire restreindre comme ça. Quoique con comme il est, il ne s’en rendrait sans doute pas compte.

Quand nous sommes remontés en haut, Lou a dit que l’énergie du deuxième tarpan (il sentait de la magie qui s’en dégageait) était semblable à celle d’un guardian angel. Je pense que je préférerais avoir un guardian angel comme Nakago que comme un tarpan. Julius a mis le bracelet de Lemnor au deuxième tarpan et il s’est transformé en une flaque de schmu gluant noir. En observant ce spectacle fascinant (ajoutez des yeux, changez la couleur et ça ferait un autre Café), je me suis rappelée que nous n’avions toujours pas retrouvé Bob. Je sentais son ombre à un autre étage alors j’ai décidé d’aller le chercher.
-Je vais aller chercher Bob.
-D’accord, m’a dit Julius.
-Tiens Lou! Je te confie Café!
Je lui ai mis Café dans les bras et je suis partie.

Quand j’ai trouvé Bob, il était en train d’observer une statue. Poke sur l’épaule.
-Ah, Lili! Mais pourquoi vous m’aviez laissé?
-On s’était tous perdus. Prends ma main.
-Prendre ta main?
-I have the eyes…
-The eyes…
Sous la force de la menace ultime, il a pris ma main et nous sommes retournés près des autres, juste à temps pour entendre Julius révéler que Minos voulait Lou. Certains ont supposé que c’était pour son cerveau. Ça serait possible. Lou est quelqu’un de très brillant et il connaît beaucoup de choses. Je me doute bien qu’ils le veulent pour ses connaissances, mais j’imaginerais quand même très bien Minos et/ou Cobalté prendre son cerveau et le mettre dans un bocal rempli de formol. Bien entendu, Julius n’avait pas l’intention d’accepter le marché de Minos. De toute façon, n’importe quel marché proposé par les bad guys va finir par se retourner contre nous. Regardez-moi. Les choses se sont très bien déroulées dans mon cas, n’est-ce pas? Au moins j’ai quand même un peu appris de mes erreurs et je n’avais pas accepté le fameux «je vais t’acheter, tu vas m’appartenir et je te rendrai ta liberté».

-Lou, tu t’y connais en guardian angels? lui a demandé Sheyenne.
-Oui, j’en ai déjà fabriqués.
-Tu pourrais en prendre un et jouer avec?
(Hé, ho! Tu penses à quoi là? Ou à qui?)
Ils ont déduit que Minos voudrait Lou pour gosser avec Rage ou en fabriquer un autre. Et s’il attrapait Sheyenne, il pourrait la forcer à aller dans sa bibliothèque, par exemple avec une potion d’obedience.
-Il pourrait aussi contrôler son âme, a dit Lou, by dark magic.
-Cobalté? lui a demandé Vanna.
-Oui, lui a répondu Lou. Je crois que c’est ce qu’il a fait au général. J’aimerais bien l’étudier…
Il a reçu un très evil stare de ma part. Tu te prends pour qui? Jamais je ne vais te laisser faire des expériences sur lui! Il faudra me tuer d’abord!
-Je pense qu’il y en a une qui ne te laissera pas faire, lui a dit Vanna.
Tu peux garder l’original, m’a dit Lou. Je veux juste l’artefact.
-Euh… Je ne pense pas qu’il va se laisser faire…
(Et même si c’était le cas, même si c’est l’original que j’ai choisi, je ne pense pas que je serais capable de te laisser faire tes expériences sans réagir. C’est peut-être un artefact, mais c’est quand même Nakago…)
-Yeah, he seems quite a bunch, m’a répondu Lou.
-Yeah…
(On peut en effet dire qu’il a tout un caractère. Et je ne l’imagine pas du tout dire à Lou «Tu veux faire des expériences sur moi? Pas de problème, vas-y!».

Il faisait toujours nuit alors il faudrait attendre à demain pour aller sauver les autres. Une attente dont nous nous serions tous passés, mais qui était inévitable. Ariste a envoyé Berry dans le village des cannibales pour pouvoir faire un plan. Nous sommes ensuite retournés près de la falaise pour y passer la nuit. Mon sommeil a encore une fois été peuplé de cauchemars. J’ai rêvé que je me faisais dévorer par toutes sortes de créatures : des ravageurs, des dragons de fumée, des cannibales… J’essayais de m’enfuir, mais plus je courais et plus ils se rapprochaient de moi. Et je finissais toujours par me ramasser dans un cul-de-sac, sans absolument aucune issue à ma portée. Et tous mes appels à l’aide restaient vains…

Un Lou cerné jusqu’aux coudes (je crois que le concept des tours de garde lui est inconnu) nous a tous réveillés et nous sommes partis. Arrivés aux pics rocheux, il a fallu décider qui ferait quoi. Bob, Salem et Jillian resteraient derrière, Lou et Sheyenne feraient diversion pendant que ceux qui restaient iraient secourir Kyle et Talis.
-Tiens Bob! lui aie-je dit. Je te confie Café!
-Merci!
-Wra?
-Bon Café!
Pate, pate.
-Wra?
(J’espère que sa mémoire va lui revenir un jour.)

Lou et Sheyenne sont partis en avance pour faire leur diversion et nous avons attendu un signal de leur part avant de nous mettre en route. Quand j’ai entendu des explosions au loin, je me suis dit que ça devait être notre cue.
-C’est notre signal? aie-je demandé à Julius.
-Oui. Invisibilité.
Je me suis transformée en ombre et Ariste a rendu tout le monde invisible grâce à un sort. Nous avons passé par-dessus les parois pour entrer dans le village et de l’autre côté, nous avons constaté que Lou et Sheyenne foutaient le bordel très intensément. Je n’ai pas porté beaucoup d’attention aux fameux cannibales, car les quelques regards que je leur ai jetés m’ont donné froid dans le dos. Ils avaient tous l’air… possédés.








Kerns sentait la pierre de Kyle nous nous alors nous sommes entrés dans les cavernes pour chercher un chemin qui mènerait sous terre. Grâce à l’odorat très développé de Lee, nous avons pu suivre une piste. Nous n’avions aucune idée où se trouvait Lee (sort d’invisibilité d’Ariste), mais grâce à tout le bruit qu’elle faisait, nous n’avons pas eu de difficulté à la suivre. J’ai essayé de ressentir les ombres de Kyle et de Talis, mais c’était le néant.

Elle nous a amenés jusqu’à une porte en bambou qui était très grossièrement verrouillée. Je n’ai pas attendu que les autres ouvrent la porte, j’ai décidé de passer par en-dessous pour jeter un coup d’œil à la pièce. Une scène dune horreur indescriptible m’attendait. Des cadavres affreusement mutilés étaient dispersés partout dans la pièce : des membres qui ne tenaient qu’à un fil au reste du corps, des têtes plantées sur des lances, des organes et des tripes étaient éparpillés par terre… Et tout ça c’était sans compter l’odeur de chair décomposée qui flottait dans l’air. J’ai été tellement choquée que j’ai figé sur place, les yeux fixes et la bouche grande ouverte. Ce n’est pas possible… Il y a des humains qui se conduisent comme ça? Comment peut-on infliger de tels traitements à d’autres êtres vivants? C’est trop… C’est trop… Je n’ai pas été capable de terminer ma phrase et je suis allée vomir dans un coin tout ce que j’avais pu manger depuis que j’étais arrivée sur cette île de malheur. Quand je me suis arrêtée, j’ai commencé à trembler de tout mon corps. Si j’en avais eu la possibilité, je crois que je me serais écrasée dans un coin en me balançant d’en avant en arrière et ma tête entre mes mains. Tout ça c’est un cauchemar… Un véritable cauchemar…

Après cette pièce, nous avons bifurqué à gauche. Ariste a demandé à Sun Lao de lui montrer le chemin jusqu’à Kyle. Elle s’est plantée par terre et elle a fait une craque dans le plancher qui semblait mener quelque part. Nous sommes arrivés dans une grande salle avec une statue plutôt effrayante. Un prêtre était en train de faire un rituel barbare et en nous approchant un peu plus, nous avons vu un bébé qui pleurait sur l’autel. Muuu… Non, pas les bébés en plus…
-Ne touchez pas à ce bébé! nous a ordonné Julius. Je vais tuer personnellement celui qui touchera à ce bébé!
Je savais bien qu’il avait raison. Tenter de sauver cet enfant dévoilerait automatiquement notre position et nous ne pouvions pas nous permettre que ça arrive. Il fallait que nous sauvions Kyle et Talis. Mais quand j’ai vu le bébé se faire badigeonner de sang et d’une substance noire gluante et le prêtre approcher une torche de lui, j’ai senti les larmes couler toutes seules et mon cœur se serrer très fort. Ils allaient le faire brûler vif, un pauvre enfant innocent. Quelque part, une mère allait perdre son enfant. Ça pourrait être moi… Ça pourrait être ma fille…

Si je continuais de regarder le bébé, je finirais péter une fuse. Je me suis donc concentrée très fort sur la craque faite par Sun Lao et qui menait jusqu’à la statue. Sur le devant il n’y avait rien de spécial, mais de chaque côté il y avait une porte gardée par une armoire à glace. Je me suis dit que la solution la plus discrète et rapide serait de tasser un garde le temps que les autres passent et ensuite refermer la porte et remettre le garde à sa place. C’est ce que j’ai fait et j’ai dit aux autres de se dépêcher de passer. Malheureusement, le garde a sonné l’alarme dès qu’il a retrouvé sa liberté de mouvement. Il nous fallait donc nous dépêcher de trouver Kyle et Talis et partir d’ici.

Le passage derrière la statue donnait autant froid dans le dos que tout le reste. Les murs étaient badigeonnés de sang, comme si les cannibales s’en étaient servis comme de la peinture et une odeur qui levait le cœur flottait dans l’air. La craque faite par Sun Lao s’est arrêtée devant une autre porte en bambou. De l’autre côté, une autre scène d’horreur nous attendait : il y avait des gens à moitié vivants partout dans la pièce. C’était un autre spectacle qui m’a soulevé le cœur. J’ai dû me retenir de toutes mes forces pour ne pas vomir encore. Kyle était accroché à un mur par une épaule et il semblait en très piteux état. Toujours aucune trace de Talis. Julius a décroché Kyle et quand les autres torturés se sont rendus compte qu’il y avait quelqu’un, ils se sont mis à nous supplier de les sauver ou au moins de sauver leurs enfants. Leurs cris m’ont atteint en plein cœur, mais je ne pouvais rien faire. Nous n’étions pas venus ici pour ça. Julius a donné une potion rouge à Kyle, mais le temps qu’il lui donne une potion d’invisibilité, les cannibales étaient entrés dans la pièce. Julius est redevenu visible et il les a attaqués. J’ai vu surgir des entangle qui étaient bien entendu dus à Ariste. Un des cannibales est rapidement tombé sous leurs attaques. Si j’attaquais, je devrais sortir de l’ombre et je me disais que si on pouvait se passer de tous se montrer, on en sortirait gagnants. J’ai donc décidé d’essayer d’activer mes épées. Je me sentais un peu inutile, mais c’était tout ce que je pouvais faire pour l’instant. J’ai tenté à plusieurs reprises de les activer, mais sans succès. Probablement parce que mon esprit était préoccupé par beaucoup d’autres choses, la première se trouvant probablement quelque part dans ce lieu maudit. Please be okay Talis, please be okay…

mardi 4 novembre 2008

lundi 3 novembre 2008

Je suis une pissou

La game de la semaine passée.

J’ai finalement fini par m’endormir. Je ne sais plus de quoi j’ai rêvé, mais quand je me suis finalement réveillée, je n’avais pas l’impression d’avoir dormi. I should get used to this, at least for as long as I’m in this god forsaken place. Dès que j’ai ouvert les yeux, j’ai cherché Café. Il se trouvait près de moi. Il avait l’air toujours aussi perdu, mais au moins il ne m’avait pas quitté. Bon Café. Pate, pate.
-Wra?
Pate, pate encore.
-Wra?
Je lui ai lancé quelques roches pour qu’il mange.
-Wra? Wra, wra, wra…
Il n’a pas touché aux roches et il est parti explorer l’endroit.
-Ben là…
-Il faudrait que je te fabrique une laisse Lili, m’a dit Kerns.
-…
Non, je pense que c’est mieux comme ça. Café est trop «sauvage» pour que j’utilise une laisse. Je ne pense pas qu’il aimerait ça.

Une fois tout le monde debout et rassasiés (je commence à être écœurée des bananes et des noix de coco), Jillian nous a menés plus creux dans le temple jusqu’à ce que nous arrivions à un cul-de-sac. En cognant dans le mur, nous nous sommes rendus compte que ça sonnait creux. Ariste a summoné Sun Lao et a commencé à découper dans la pierre. Je ne sais pas trop s’il essayait vraiment de faire un trou, mais il avait plutôt l’air de découper n’importe comment. À force de frapper n’importe où, le mur a fini par tomber et nous avons vu… rien du tout. Il faisait complètement noir de l’autre côté. Peu importe la source de lumière que nous utilisions, nous ne voyions rien. Il y avait une coupure très nette entre la semi-clarté et la noirceur. Peut-être que je pourrais faire quelque chose avec mes épées? J’ai réussi à summoner la gentille.
-♫Twink! Twink! Twink!♫
-Bonne épée! Toi je t’aime!
Pate, pate.
-♫Twink! Twink!♫
Tu as toujours été gentille avec moi. Tu mérites que je fasse quelque chose pour toi. J’ai sorti ma robe de soirée abîmée de mon sac et j’ai déchiré une lanière de tissu. J’ai ensuite fait une boucle autour de la garde de l’épée. Tu es trop mignonne!
-♫Twink! Twink! Twink!♫
(Je savais que ça te plairait.)

Mais il ne faudrait pas que l’autre soit jalouse. À force de persuasion, j’ai réussi à la convaincre d’apparaître. J’ai ensuite aussi attaché un ruban après elle. Quand elle a vu que je lui mettais un ruban dessus, elle s’est mise à chialer.
-TWINK! TWINK!
-Tiens, un beau ruban noir!
-…Twink. Twink.
(Suis-je vraiment en train de l’amadouer avec un ruban?)
J’ai essayé d’absorber la noirceur avec les maidens, mais j’ai à peine réussi. Je les ai senties forcer à la tâche.
-Twink? Twink! Twink!
-Ce n’est pas grave. Je vous aime quand même.
Pate, pate.
Il fut décidé que Salem et Ariste iraient faire un tour dans le trou noir pendant que nous les attendrions ici. Comme j’étais en plein dans mon élément, j’ai pu les voir s’éloigner, mais très rapidement ils ont disparu de mon champ de vision, comme si la noirceur les avait absorbés. Ils ne semblaient pas avoir été loin, mais ils ne répondaient pas à nos appels et en plus, les diadèmes ne fonctionnaient plus, comme s’il y avait de la distorsion sur la ligne. Qu’est-ce que je pourrais bien faire de plus? Mmmm… Je ne peux pas demander encore à mes épées d’absorber la noirceur. Je les ferais forcer pour rien et la méchante se fâcherait encore contre moi. Et si moi je mettais mes mains dans le trou noir? C’est ce que j’ai fait et j’ai senti du darkness à l’état pur me traverser.
-Ouh…
-Lili, arrête de sourire comme ça, m’a demandé Vanna.
-…Ha, ha!
Je ne peux pas m’en empêcher. C’est tellement… bon. C’est comme une drogue. C’est tout simplement… whoa…

J’ai ensuite mis mes épées à travers la noirceur et elles n’ont pas tardé à réagir.
-♫Twink! Twink! Twink!♫
(Elles avaient l’air super happy de la vie.)
Comme j’étais la seule à voir quelque chose (c’est bien la première fois que je vois mieux que les elfes), Julius a dit que je servirais de guide pour qu’on aille chercher Salem et Ariste. Euh… Tu veux que je serve de guide? Tu n’as donc pas peur que je vous abandonne là ou que je fasse n’importe quel autre truc que les traîtres dans mon genre font? Elle est où l’attrape? Nous nous sommes tous attachés les uns aux autres avec une corde et nous avons commencé à avancer. Je me sentais très à l’aise dans cet environnement et les maidens aussi, mais je sentais quand même à leur «twink» qu’elles étaient un peu nerveuses.
-Ne vous inquiétez pas, leur aie-je dit. Je vais vous protéger.
-Twink? TWINK! TWINK!
-Euh… Je voulais dire que vous allez me protéger, surtout toi.
-Twink! Twink!
(Désolée, je ne voulais pas t’insulter en insinuant que tu ne pouvais pas t’occuper de toi-même. Je voulais juste dire que je tenais assez à vous deux pour risquer ma vie pour vous protéger. Quoique maintenant que j’y pense, ça me semble maintenant bien inutile. Vous pouvez sans aucun doute bien mieux vous occuper de vous-même que moi de vous deux ou de moi-même.)

Malgré ma facilité à me diriger dans l’obscurité, je ne voyais rien de spécial. Mais j’ai fini par distinguer un peu plus loin ce qui me semblait être un précipice. J’en ai aussitôt averti les autres pour qu’ils ne tombent pas dedans. Tandis que nous nous rapprochions du précipice, les elfes du groupe ont commencé à entendre une mélodie venant du trou. Je n’ai jamais rien entendu, mais ils ont dit qu’il s’agissait d’Azurya. Mais qu’est-ce qu’Azurya ferait là? Normalement elle devrait être avec Laguna et cette dernière a été faite prisonnière par Minos, non? La solution la plus simple et rapide pour voir de quoi il en retournait aurait été d’appeler Azurya (car comme Jillian a dit, si Laguna est là, elle n’aura qu’à la rappeler), mais Julius refusait obstinément de le faire. Il n’a jamais voulu dire pourquoi, mais je suppose qu’il doit avoir de bonnes raisons.

Il a lancé une roche dans le fond du précipice et selon ses dires, elle n’a atteint le fond qu’au bout d’une vingtaine de minutes. Nous lancer dans une exploration alors que tout le monde sauf moi ne voyait rien aurait été totalement suicidaire. J’ai donc proposé à Julius de me transformer en ombre et d’aller jeter un coup d’œil. Après lui avoir promis de revenir le plus tôt possible, je suis partie. J’ai descendu pendant très longtemps et quand je suis arrivée en bas, j’ai constaté qu’il y avait de l’eau. Si Azurya et/ou Laguna sont ici, je suppose que c’est normal. J’ai continué plus loin et j’ai fini par tomber sur une roche immense. J’entendais Azurya chanter de l’autre côté. Quand elle s’est aperçue de notre présence (moi et mes épées, pas moi et mes amis imaginaires), ses «twink» se sont faits plus joyeux. J’ai passé par-dessus le rocher, mais je n’ai pas trouvé Azurya de l’autre côté. En collant mon oreille sur la paroi, je me suis rendue compte que le chant venait de l’intérieur. J’entendais aussi un étrange «bobom, bobom» que je n’ai pas pu identifier. Peut-être qu’Azurya est prisonnière de ce rocher?
-Azurya, tu veux que je fasse un trou là-dedans?
-Twink? Twink! Twink!
-Euh, ok. Je vais prendre ça pour un non.

Je suis regrimpée sur le rocher et je me suis dirigée vers une des extrémités. Il y avait de l’eau et un truc en forme de triangle qui dépassait de l’eau et dont la texture ressemblait à de la peau de tambour. De l’autre côté, la texture était de la roche. J’ai réussi à en décoller un morceau. Comme je ne pouvais pas sortir Azurya de là et que je n’arrivais pas à déterminer ce qu’était exactement le rocher, j’ai décidé de retourner voir les autres et aussi de leur apporter le morceau de roche que j’avais décollé. Peut-être que quelqu’un aurait une illumination en le voyant. Quand je suis finalement retournée en haut, j’ai eu droit aux remontrances des autres.
-Tu es partie depuis 3 heures! M’a dit Jillian. Tu aurais pu prévenir!
-Comment? Ça m’a pris du temps à descendre et le truc en bas est super gros!
Quand tout le monde s’est calmé, j’ai pu expliquer ce que j’avais vu exactement, mais j’ai été interrompue par une créature noire avec des yeux mauves qui était apparue près de nous et qui me donnait des frissons dans le dos.
-Il y a un truc très gros en bas, Azurya est dedans. J’ai voulu faire un trou dedans, mais Azurya n’a pas voulu. À un bout il y a un truc qui ressemble à de la peau de tambour qui dépasse de l’eau et de l’autre côté c’est de la roche, j’ai décollé ce morceau et là il y a un truc avec des yeux mauves et je n’aime pas ça!
-C’était très expéditif, mais totalement incompréhensible, m’a dit Julius.

Tout en gardant un œil sur la créature, j’ai recommencé, plus lentement, mes explications. Je devais passer pour une vraie pissou aux yeux de tout le monde, mais tant pis. J’ai peur et je ne suis pas capable de le cacher. Des yeux de dark c’est fichtrement pratique, mais des fois je m’en passerais bien. Je vois tout le temps des créatures toutes plus effrayantes les unes que les autres. Tout en balayant l’horizon à la recherche d’autres choses qui pourraient nous attaquer, j’ai remarqué du coin de l’œil un truc qui schlignait et un autre qui schlignait vert et que j’ai reconnu comme étant Ariste avec Sun Lao. Peu après, il y a eu un tremblement de terre et tout le monde (sauf moi qui était en ombre) est passé par-dessus du précipice. J’aurais pu aller les aider, mais le temps que je pense à quelque chose à faire, ils auraient déjà atteint le fond. J’ai donc décidé de me diriger vers Ariste et de lui porter main forte.

J’avais atrocement peur, mais j’ai réussi à me dominer (un peu) pour chasser la créature qui était après lui. Étrangement, cette chose ne semblait pas m’apprécier et gardait ses distances avec moi.
-Qu’est-ce que tu fais ici Lili?
-Ben, on n’était quand même pas pour rester là-bas.
-Vous êtes venus nous chercher?
-Ben oui.
-Les autre sont où?
-…Et bien il y a eu un gros boum et puis «hiii», lui aie-je répondu en mimant la scène.
(Pour ceux qui n’ont pas compris, le boum c’était le tremblement de terre et le «hiii» c’était les autres qui passaient par-dessus la falaise.)
J’apercevais toujours la porte plus loin alors j’ai pris Ariste par le poignet et nous nous y sommes dirigés tout en frappant dans le vide pour éloigner les monstres. Nous devions avoir l’air de deux vrais tatas. Grâce au schling de la porte, je n’ai eu aucun mal à me diriger. Cependant, à mi-chemin, j’ai aperçu du schling blanc dans une autre direction. C’était Salem, qui était comme une luciole de 200 volts dans la noirceur. Les monstres n’ont pas tardé à s’en apercevoir et ont bifurqué vers lui. Il semblait totalement inconscient de leur présence alors si je ne l’aidais pas, il risquait d’y rester. J’ai donc pointé Ariste vers la porte et je l’ai laissé pour aller prêter main forte à Salem.

Je me suis débarrassée facilement des monstres qui l’embêtaient et je suis réapparue devant lui, manquant de lui faire avoir une crise cardiaque.
-Lili?
-Salut! Go!
Je l’ai saisi par le poignet et je l’ai traîné vers Ariste, qui se faisait maintenant poursuivre à son tour par les trucs aux yeux mauves… pas du tout dans la direction de la porte. J’ai tapé à peu près n’importe comment sur les monstres et j’ai emmené mes deux compagnons vers la porte, que je n’ai pas eu de difficulté à ouvrir.
-Les autres sont où? a demandé Salem.
-Euh… Ils ont passé par-dessus la falaise.
-Quoi? s’est étonné Ariste.
-…C’était ça le «boum» et le «hiii».
(Désolée, je ne suis pas super douée pour expliquer.)
-How dare you? nous a alors demandé une grosse voix caverneuse qui résonnait dans nos têtes.
Envahie d’un horrible pressentiment, je me suis lentement retournée. J’ai vu un énorme… dragon de fumée (?) qui avait huit yeux mauves. Muuu… Je veux m’en aller…

-What are you doing here? nous a-t-il demandé.
Sa voix était tellement forte que Salem s’est mis à saigner des oreilles. Est-ce que j’ai dit que je voulais m’en aller?
-Trespassing! lui a répondu Ariste.
-Trespassers will be punished. Die!
-Euh… Bon, ben go! Dans la porte! aie-je dit aux deux autres.
-On ne peut pas abandonner les autres! m’a répondu Salem.
-On n’a aucun moyen d’aller les rejoindre pour l’instant! Peut-être qu’on va trouver un autre chemin par la porte!

Nous sommes finalement passés de l’autre côté et j’ai refermé la porte sans problème. Nous semblions être en sécurité, mais pour combien de temps? Et les gars avaient raison, nous ne pouvions pas rester ici tandis que les autres étaient dans dieu sait quel état. Mais à trois, est-ce qu’on pouvait vraiment vaincre un gros dragon comme ça? Surtout que je me sentais particulièrement pissou en ce moment. Ariste m’a donc boostée, il a fait apparaître un cheval et il a pris une potion de chibi pour que nous puissions embarquer tous les trois sur le cheval. Comme ni Salem ni moi ne savions comment diriger un cheval, c’est Ariste qui a pris les rênes. Quand nous avons retraversé la porte, le gros truc noir avec les huit yeux n’était plus là. Ça devait être le bruit que nous avons entendu tout à l’heure. Il est probablement parti à la poursuite de nos compagnons.

Quand nous sommes arrivés en bas, nous les avons trouvés aux prises avec le monstre à huit yeux et plusieurs autres plus petits. Les coups d’épées et les flèches fusaient de partout, en plus des éclairs qui tombaient du ciel de dieu sait où et qui frappaient le monstre. Ariste s’est mis à tourner autour du cheval et moi j’ai frappé du mieux que je pouvais. Grâce à Ariste, J’ai réussi à faire beaucoup de dommage, plus que je ne pourrai sans doute jamais faire. Ça fait du bien de me dire qu’au moins une fois dans ma vie j’aurai vraiment torché. Après un dernier éclair, le gros monstre (et les petits aussi) est parti en fumée (désolée pour le jeu de mots poche) et la noirceur est devenue moins oppressante. Oh… Pourquoi est-ce qu’à chaque fois que je me sens bien dans un endroit il faut qu’il y ait des gros monstres pour m’effrayer ou que ça disparaisse très vite?

mardi 28 octobre 2008

Tapons-Smurfs


samedi 25 octobre 2008

J'AI RETROUVÉ MON CAFÉ!!! YAHOO!!!

Le soleil se couchait d’ici environ deux heures. Il y avait de plus en plus de yeux rouges visibles entre les branches. Muuu… J’aurais bien voulu cacher ma panique, mais j’étais si terrorisée que je sursautais au moindre bruit que j’entendais et me lamentais à chaque œil rouge que je voyais. Je sais, je suis pathétique, mais je n’y peux rien. Si vous aviez fait des cauchemars comme les miens, vous réagiriez peut-être comme ça aussi. Ou peut-être pas. Personne à part moi ne semble avoir peur. I guess I really am pathetic.

Il fallait décider d’un plan, car nous ne pouvions pas charger dans le village des cannibales sans être préparés. Et je crois que la tactique «Salut! On vient chercher notre copain alors faites comme si on n’était pas là!» ne marchera pas. Kerns sentait toujours la pierre de Kyle au-delà des pics, mais il s’est mis à sentir la pierre de Jillian à environ 1 km d’ici. Comme il serait beaucoup plus grave pour nous de perdre Jillian que Kyle (le premier n’est pas immortel contrairement au deuxième), Julius a décidé que Kerns, Ariste et lui irait le chercher. Ariste a d’ailleurs fait message sur nous pour qu’on reste en contact. Pour être certain qu’il n’y aurait pas de pépins, Julius nous a ordonné de ne pas bouger. Il a même demandé à Lee de nous surveiller et d’empêcher qui que ce soit (à part eux trois) de s’en aller. Ben là… La confiance règne. Où voudrais-tu qu’on aille?
-Lilianna, restez ici s’il vous plaît.
-(Pardon?)…Pourquoi je m’en irais?
-Parce que vous êtes la seule à pouvoir fausser compagnie.
-J’irais où? Il y a pleins de bibittes…

Je n’en reviens pas… Son opinion de moi n’a pas seulement baissé, elle a dégringolé. Penser que je m’enfuirais encore… J’avoue honnêtement que je préférerais être ailleurs en ce moment, mais où je pourrais bien aller? Je ne suis pas assez suicidaire pour aller retrouver Nakago, pas quand il y a je ne sais combien de ravageurs entre nous deux. Même s’il n’y avait rien entre nous deux, je n’irais pas. Parce que Sigma percevrait ça comme une trahison et je ne veux pas qu’elle s’en prenne à Talis ou à Nakago pour me punir de mes actions. Je tiens trop à eux pour ça. Même si ce n’était pas le cas, je ne veux pas que le monde fasse «kaboum». Alors pourquoi faire la conne pour rien? Je pensais que Julius l’avait compris, mais il faut croire que non. Ariste nous a fait apparaître trois potions rouges (pour Vanna, Sheyenne et moi) et ils sont partis.

Ils ont aperçu des ruines (celles que Kerns avait vues plus tôt) et comme la pierre de Jillian était de ce côté, ils s’y sont dirigés. À leur grande surprise, ils ont vu un autre tarpan. Euh… Il n’y avait qu’un tarpan sur le bateau, non? Le nôtre avait pourtant l’air normal. J’ai même utilisé mes épées pour voir s’il ne se dédoublait pas, comme ça avait été le cas pour Ariste et Julius dans la grotte. Je n’ai rien observé qui sortait de l’ordinaire. Soupçonnant un piège quand le tarpan est entré dans le temple, les trois gars sont revenus. Ariste a laissé Berry là-bas et c’est ainsi que nous avons su que le tarpan sortait des ruines avec pleins de plumes sur lui. Je crois que nous avons tous pensé la même chose : et s’il s’agissait des plumes de Salem? L’atmosphère étant de plus en plus sombre, nous nous sommes hâtés de nous mettre en route pour le temple.

Quand nous sommes arrivés, nous avons eu droit à un vrai combat de coqs entre les deux tarpans. Cris, position de combat, poils hérissés… On aurait dit deux mâles qui se battaient pour leur femelle, dans ce cas-ci la femelle étant Julius. Je ne sais pas si c’est flatteur pour lui… En tout cas j’espère que ce n’est quelque chose que le tarpan a mangé sur cette île et qui a fait en sorte de le cloner. Imaginez-vous comment ça pourrait dégénérer?




Pauvre Julius si ça arrive…

Imaginez aussi un instant, si ça arrivait à Café…

J’adore Café, mais dieu nous en préserve.

Dans le temple, il faisait très sombre. Heureusement, Ariste a fait une light ball pour nous éclairer un peu. On pouvait également entendre un son pas très rassurant de succion. Je pense que je préfère ne pas savoir qui ou quoi fait ce bruit. Nous avons continué à avancer et Ariste (ou Julius, je ne suis pas sûre) a marché sur un truc spongieux (ça a fait un genre de «sploutch»). Il a approché sa light ball pour voir de quoi il s’agissait et…
-Wra?
-Café!!
(Ça c’était moi.)
J’ai couru jusqu’à lui et je l’ai pris dans mes bras. C’est bien mon Café : toujours aussi brun et toujours aussi gluant. Et il a toujours sa médaille. Oui, c’est bien lui! Yééé!
-Je suis contente de te voir Café!
-Wra?
Pate, pate.
-Wra?
Je le savais bien moi que Café ne pouvait pas avoir été dissout dans l’océan! Il est toujours vivant, mais le tsunami semble lui avoir causé une légère perte de mémoire. Bah! Avec le temps, ça devrait lui revenir.

Julius voulait être certain qu’il s’agissait bien de Café et qu’il n’avait pas été contaminé (on était bien rendus avec deux tarpans) et il s’est donc servi du miroir de vérité. Il l’a placé devant Café, mais tout ce qu’il a réussi à voir fut :
Ok… Ça doit vouloir dire que Café fait partie d’une espèce non-répertoriée et qui ne le sera probablement jamais. Mais de quelle espèce pourrait-il faire partie? Le Caféus brunnus gluantus stupidus? Il faudra que je vérifie dans le dictionnaire.

J’ai mis Café (qui ne semblait toujours pas me reconnaître) sur mon épaule et je suis retournée à ma place dans la file. Nous avons continué notre exploration, mais un mur de lianes nous a empêchés de continuer. C’était des lianes assez grosses qui bloquaient complètement le couloir devant nous et qui tapissaient également les murs de chaque côté. Ici et là sur les lianes, on pouvait aussi apercevoir des fleurs plutôt exotiques.
Lorsque l’une d’entre elles s’est ouverte, Julius nous a prêté des mouchoirs pour que nous les mettions sur nos visages, au cas où du pollen serait lâché. Tarpan #1 a cependant mangé la fleur avant que quoi que ce soit ne se produise. Après que la fleur fut arrachée, un liquide est tombé par terre et a fait un petit trou dans le sol. Euh… Alors c’est de l’acide? Et c’est une caractéristique des tarpans d’être immunisés à ça? Il faut croire que non, parce que tarpan #2 s’est accidentellement collé le derrière dessus et il s’est brûlé. Ok. Il y a définitivement quelque chose d’étrange avec tarpan #1, mais tant que nous n’aurons pas quelqu’un pour faire un sort de «détection du vrai tarpan» ou de «pourquoi un des tarpans est immunisé à l’acide», il faudra faire avec. De toute façon, à part pour le «C’est ma femelle! Non, c’est la mienne!», ils ne semblent pas dangereux alors il ne devrait pas y avoir de problème.

Ariste a fait une boule de light pour que nous y voyions un peu plus clair et des lianes ont aussitôt commencé à se diriger vers elle. Quand Ariste la déplaçait, les lianes suivaient et quand il la laissait immobile, elles essayaient de l’entourer jusqu’à la recouvrir complètement. Nous ne pouvions pas rebrousser chemin et nous retrouver dehors à la noirceur, mais nous ne pouvions pas continuer à cause des lianes. Ariste aurait pu se téléporter, mais sans savoir ce qu’il y avait de l’autre côté…
-Je pourrais me transformer en ombre et aller voir, aie-je suggéré timidement en levant la main.
-Et vous allez revenir immédiatement? M’a demandé Julius.
-(J’irais où?) Oui.
-Très bien.

Avant de partir, j’ai déposé Café par terre et j’ai mis quelques roches devant lui. Peut-être qu’il a faim?
-Wra?
J’ai rapproché les roches de lui.
-Wra?
J’ai encore plus rapproché les roches.
-Wra?
Et puis laisse tomber! Je reviens tout de suite Café.

Je me suis transformée en ombre et je me suis faufilée parmi les lianes sans problème. J’ai fini par arriver dans une grande pièce avec des lianes et des fleurs autant sur les murs qu’au plafond. Au fond, il y avait une statue vraiment laide ainsi qu’un un tronc d’arbre surmonté d’une énorme fleur. Du tronc dépassait un truc blanc qui pouvait être une aile. Je me serais bien avancée encore plus pour y voir de plus près, mais la végétation semblait consciente de ma présence et s’avançait tranquillement vers moi. Mieux vaut ne pas prendre de chance en m’attardant ici. Je suis retournée auprès des autres et je leur ai dit ce que j’avais vu. Je nous ai ensuite tous téléportés dans la pièce, où nous n’avons pas eu le choix de nous battre. Sheyenne a fait un genre de bouclier autour de nous pour nous protéger des attaques physiques des fleurs et aussi des murs de vent de part et d’autre de notre groupe pour empêcher le pollen des fleurs de nous atteindre. Boostés par les chants d’Ariste, nous avons attaqué.
Comme je ne pouvais pas quitter le bouclier magique de Sheyenne, j’ai dû attendre que mes épées soient activées pour pouvoir me joindre au combat. Bonnes épées! Pate, pate. Elles me font parfois chier, mais je les aime quand même, surtout quand elles me permettent de lancer des oblivion. J’aimerais être un peu plus variée, mais j’adore cette magie. C’est donc à coup de dark, de feu, de flèches (c’est fou à quel point Julius torche) et de ♫La, la, la♫ que nous avons attaqué la plante/fleur/tronc d’arbre. À un moment donné, elle a fini par tomber et un cri strident s’est fait entendre et un genre de femme-plante est sortie de la fleur. Je n’aurais pas pu plus m’en foutre. Il restait toujours des lianes et j’étais vraiment concentrée et motivée à les détruire.
-Go Lili! M’a encouragée Ariste. T’es capable!

Ouais! T’as raison! Je vais toutes les détruire! Cette liane qui ne me fait rien… Cette liane qui est trop près de moi à mon goût… Cette autre liane qui ose m’approcher…
-Ow!
Sheyenne était arrivée out of nowhere et m’avait frappée derrière la tête.
-Pourquoi tu m’as attaquée? M’a-t-elle demandé.
-Quoi? Je ne t’attaquais pas! J’attaquais les plantes!
-Moi je crois que tu es un peu confuse…
-…
Je l’aurais vraiment attaquée? Est-ce que j’ai attaqué d’autres personnes? Oh non… Ils vont encore penser que je les ai trahis…J’ai attendu que les reproches se mettent à pleuvoir, mais je n’en ai pas reçu comme tout le monde était occupé ailleurs. Vanna avait accouru près de son rourou Salem (le truc blanc qui dépassait de l’arbre était bien son aile), Sheyenne l’aidait à le soigner… Vanna et Salem sont tellement mignons ensemble. Comment elle se fâche parce qu’elle s’inquiétait pour lui, la façon dont il repose sa tête sur son épaule… Vraiment adorables tous les deux. En plus, le plafond menaçait de s’écrouler sur nous. Il nous fallait quitter cette pièce au plus vite si nous ne voulions pas… Fuck… Un gros bout de plafond est en train de nous tomber dessus… Hiiii! Je ne veux pas mourir! Huh?

Le morceau de plafond s’était immobilisé au-dessus de nos têtes. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un de nos ennemis (ex : Minos), mais c’était Jillian, qui s’était servi de sa pierre pour nous sauver. Comme il ne pouvait pas maintenir cette protection éternellement, nous sommes allés dans une autre pièce pour discuter et nous reposer. Julius lui a fait un résumé rapide de la situation et Jillian nous a raconté qu’il avait été obligé de se servir de sa pierre pour échapper aux ravageurs. Il était maintenant à moitié «jello». Sous son chandail il était transparent et il pouvait même se passer une épée au travers du corps sans problème. Je suis désolée pour toi Jillian, tu ne le mérites pas. La seule qui mériterait d’être cursée à ce point c’est moi et je suis la seule à ne pas l’être en ce moment… Comme il faisait nuit, nous ne pouvions pas aller secourir Kyle tout de suite. Petit détail que je n’avais pas compris quand ça avait été dit, Julius a demandé à Lee si elle avait bien dit avoir senti un elfe avec Kyle au village des cannibales et elle a dit oui. Le seul elfe du groupe qui n’était pas présent en ce moment c’était Talis. En temps normal je me serais sans doute dit «Tant pis pour la noirceur! Je vais aller sauver Talis!», mais pas maintenant. Talis est un grand garçon et il peut très bien s’occuper de lui-même. Il n’a ni le besoin et ni l’envie que je m’inquiète pour lui. Julius et Kerns montant la garde pour permettre aux autres de dormir, je suis allée m’installer dans le coin le plus dark et creepy qu’il y avait avec Café. Avec la très grande possibilité que je refasse encore des cauchemars horribles, je n’avais pas du tout envie de dormir. Je vais donc essayer de lui ramener la mémoire pour passer le temps. Ça devrait me prendre toute la nuit alors je devrais être correcte. Pas de mauvais rêves cette nuit.

jeudi 16 octobre 2008

Muuu... Je veux pas finir sur une brochette...

Je faisais des rêves de plus en plus horribles quand un halo de lumière et de goodness est arrivé au bout de la ruelle.
-N’aie pas peur mon aimée! Je viens te sauver!
Mon sauveur était un mix tordu entre Nakago et Talis. Imaginez Talis avec les cheveux blonds ou encore Nakago avec les cheveux noirs et les oreilles pointues. Ça m’a fait tellement peur que je me suis réveillée en sursaut. Pitié, plus jamais de rêves comme ça. Quand j’ai tourné la tête, j’ai vu Julius qui était penché sur moi. Je crois que je préfère encore être inconsciente plutôt que d’être dans ses bras. Assommez-moi quelqu’un.
-Est-ce que ça va? m’a-t-il demandé.
-(Why would you care?)…Oui. Tu peux me lâcher.
-Si je vous lâche, vous allez tomber.
-Je peux m’assoir et me lever.
(Je ne suis pas si incompétente que ça.)

Il m’a aidée à m’assoir et je me suis ensuite levée. J’ai pu constater que je n’avais plus aucune blessure. Tant mieux. Parce qu’avoir un chunk de cheville en moins et un bleu de la grosseur d’une pomme sur la joue n’était pas ce qui me tentait le plus en ce moment.
-On ne devrait pas aller chercher les autres?
-C’est vrai.
Je ne sentais malheureusement l’ombre de personne d’autre, car il faisait trop sombre. Ariste a envoyé Berry faire un tour de reconnaissance. Il a repéré deux personnes qui venaient vers nous. Nous sommes allés à leur rencontre, mais nous n’avons vu personne. Ariste, Julius et Vanna ont entendu des voix venant d’au-dessus de nous, mais il n’y avait toujours personne en vue. Ariste a donc demandé à Sun Lao de les faire descendre. Elle l’a fait et deux halflings habillés de… feuilles et de peau de bananes sont tombés du plafond devant nous. Ils avaient l’air plutôt primitifs (leurs armes technologiques sont des slingshots) et parlaient un étrange dialecte. Heureusement que les diadèmes de Julius, Ariste et Kerns fonctionnaient toujours. Ils ont réussi de peine et de misère à se faire comprendre des deux halflings, qui leurs ont faits des dessins vraiment poches de Talis et de Jillian. Alors quand Talis s’est réveillé avec Jillian, ils étaient près d’ici?
-Où est Talis? Nous a demandé Julius.
-En haut, dans la forêt, lui aie-je répondu. Il était parti en éclaireur et on l’a perdu de vue en essayant d’échapper au feu.
-D’accord.
-Et Kyle et Lee ont disparu aussi.
-Shit.

À force de persuasion (et de menace), Julius a réussi à les convaincre de nous emmener jusqu’au village avec eux. Les deux halflings ont alors fait un dessin vraiment poche de ce qui avait l’air d’être deux halflings avec une flèche. Même pour moi qui ne comprenais pas ce qu’ils disaient, il était évident qu’ils nous prenaient pour des demeurés. Tout le long du chemin, ils ont dessiné par terre à intervalle régulier des flèches pour que nous continuions à les suivre. Euh… Nous avons tous des yeux pour vous voir et trois d’entre nous vous comprennent alors pourquoi vous nous prenez pour des cons finis? En marchant, Julius nous a fait un résumé de la situation. Minos était là avec les buccaneers et ils avaient toutes les clés. Minos avait donné un ultimatum de trois jours à Julius pour lui ramener Lou et après ça il se mettrait à faire dieu sait quoi aux otages. Juste à la pensée que Nakago se trouvait près d’ici, mon cœur s’est serré. Mon rourou est ici… J’avais tellement envie de le revoir, mais je n’étais pas prête. Il fallait d’abord que je me remette de ce que Julius m’avait dit. Une fois que j’aurais absorbé le choc, je pourrais le voir. Dans l’état d’esprit où j’étais en ce moment, si Nakago me disait que je méritais tout ce qui m’était arrivé, je ne m’en remettrais pas. Si je n’avais pas le support d’au moins lui, ça serait ma mort assurée.

Nous sommes tombés sur un autre groupe de halflings, parmi lesquels se trouvait le chef, un vieux halfling avec tellement de sourcils qu’on ne lui voyait plus les yeux. Nous avons suivi tout ce beau monde jusqu’à leur village où nous avons assisté à un bien étrange et très perturbant spectacle. Des femmes halflings dansaient au son d’une musique tribale et elles étaient totalement déchaînées. Il y en avait d’ailleurs une, au milieu de toutes les autres, qui semblait encore plus déchaînée que tout le monde. Weird…

Nous avons suivi le vieux chef jusqu’à sa hutte, laissant derrière nous ce spectacle que nous désirions tous oublier. Je n’ai pas compris toute la conversation, car il y avait beaucoup de termes qui m’étaient inconnus (genre «internet», un truc de bambou sur lequel ils collaient des feuilles), mais heureusement, le vieux chef parlait commun et elfique. Il nous a appris que nous étions sur l’île de Salomon, tout près de Scion. Nous avions dévié de notre trajet à cause du tsunami. Quand Ariste a demandé au chef d’indiquer sur sa carte où nous nous trouvions, le vieux chef a regardé la carte comme s’il se disait «mon dieu, quelle bande de primitifs» et il a demandé à Ouda (son assistante?) de corriger et upgrader la carte. Ok… J’hésite, est-ce une bande d’idiots primitifs ou est-ce qu’ils sont si intelligents qu’ils ont l’air fous?

Le vieux chef nous a aussi appris que les monstres qui nous avaient attaqués s’appelaient des ravageurs et qu’ils étaient des mangeurs d’âmes. Les villageois ne sortaient pas la nuit et les entrées menant à leurs demeures étaient bloquées. D’après ce que j’ai compris, l’une de ces barrières avait été créée par le dieu de la terre, aka Forest. Ok… Alors ils vivent perdus au fin fond de la terre comme des primitifs, mais ils connaissent Forest et nos pierres? Fait étrange, certaines tribus vivaient à l’extérieur malgré la menace des ravageurs. Je ne pourrais cependant dire s’il s’agissait de halflings ou pas. Nous pourrons cependant peut-être y trouver nos compagnons qui manquent toujours à l’appel. Le soleil ne se levant que dans 1h30, il nous fallait patienter. Ariste n’ayant plus assez de sorts assez forts pour nous emmener à la surface, je me suis fait demander si je pouvais téléporter tout le monde par les ombres. Probablement. Quelle distance je peux couvrir? Je ne sais pas. Quelques centaines de mètres, pas plus. Répondre par monosyllabes… J’aurais dû y penser avant, c’est tellement moins compliqué.
-Je vous demanderais d’amener aussi votre ami qui brille, nous a demandé le chef.
-Notre ami qui brille…?

Il a tassé les rideaux et nous avons vu Bob, toujours dans sa full plate, qui se faisait assaillir par une bande de halflings obnubilés par le schling de son armure. Il faisait tellement pitié que je l’ai transporté jusqu’à nous par son ombre. Dès que je l’ai lâché, le chef et Ouda se sont collés sur lui (l’attrait du schling je suppose). Est-ce que tous les halflings sont comme ça? Il me semble que Sheyenne n’est pas aussi pire. Parlant de Sheyenne, Bob nous a dit qu’elle se trouvait aussi au village. C’était la petite halfling couverte de boue et entourée de mouches qui était à côté d’Ouda depuis tout à l’heure. Pas étonnant que nous ne l’ayons pas reconnue, elle n’était pas très belle à voir ainsi arrangée. Comme nous avions un peu de temps devant nous, Vanna a demandé au chef s’il y avait un endroit où nous pourrions nous laver. Il lui a jeté un de ces regards avant de tasser un des rideaux pour qu’elle puisse voir le puits qu’il y avait juste à côté de la hutte. Ben quoi? Nous ne l’avions juste pas remarqué. Ce n’est pas un crime, non? Celle qui a le plus profiter de l’eau fut Sheyenne. Elle est redevenue jolie comme un cœur et tous les halflings étaient après elle, lui promettant des bling-bling si elle les épousait.
-C’est drôle. Ils veulent tous me marier.
Julius lui a jeté un regard amusé. Je m’attendais à ce qu’il m’en jette un aussi et qu’il me dise encore un truc du genre «Si vous voulez un nouveau petit ami…», suivi d’un «vraiment?», mais il n’a rien dit. Étrange…

J’ai passé l’heure et demi le regard perdu dans le vide, à manger des bananes et des noix de coco. C’est exactement comme ça que j’aime mes moments perdus. Seule. Sans personne qui vienne me déranger en me posant des questions auxquelles je ne veux pas répondre. J’aurais pu faire un brin de toilette et me changer (mon chandail et mon manteau étaient complètement lacérés à l’arrière, mais tant que je portais mon sac à dos, ça ne paraissait pas), mais je ne me trouvais pas si sale que ça et puis de toute façon, nous allons sans doute nous battre dès que nous serons sortis d’ici. Alors pourquoi perdre mon temps à me laver quand je vais retomber dans la crasse d’ici moins de deux heures? Et puis je n’ai personne près de moi en ce moment pour me dire que je suis belle alors je n’ai pas l’intention de mettre des efforts inutiles de ce côté-là. J’ai aussi tout fait pour garder les yeux ouverts. Je n’avais pas du tout envie de refaire des cauchemars, risquer de me réveiller en hurlant et essayer d’éviter de répondre à pleins de questions.

Quand le temps fut écoulé, je me suis assurée que tout le monde était agrippé à quelqu’un et je nous ai emmenés à la surface, dans l’ombre d’un arbre qui bordait la plage. Tous semblaient heureux d’être revenus à la surface, mais moi… J’avais dit il y a quelques heures que j’avais envie d’un peu de light? Oubliez ça! Je me suis sentie tellement agressée par la lumière du soleil que je me suis transformée en ombre. Ne t’inquiète pas Julius, je suis encore là. Où voudrais-tu que j’aille de toute façon? Je n’ai nulle part où aller.

Qu’est-ce qu’on fait maintenant? Bob aurait voulu qu’on se sépare pour aller chercher les autres. Il voulait retrouver Talis au plus vite.
-Il a sans doute réussi à passer la nuit, mais il ne passera peut-être pas la prochaine, a-t-il dit.
Je ne voulais même pas penser à ça. Talis est un grand garçon et il n’a ni le besoin et encore moins l’envie que je m’inquiète pour lui. C’est d’ailleurs lui qui passe son temps à me dire qu’il va être correct et qu’il peut se défendre. Le moyen le plus rapide de retrouver les autres aurait été que je sente leurs ombres, mais la forêt était tellement dense que tout était ombre. Le seul endroit où je sentais un peu de clarté était la zone carbonisée par Vanna, mais aucune ombre de quelqu’un de groupe. Survoler la forêt à dos de Sheyenne était hors de question. Ça serait comme dire à nos ennemis : Salut! On est ici! Venez nous capturer! Nous n’avions pas d’autre choix que de nous enfoncer dans la forêt. Puisque nous ne pouvions repérer personne, Julius a réparti tout le monde en groupes pour que nous cherchions séparément, chaque groupe pouvant communiquer avec les autres grâce aux casques. Il a décidé que j’irais avec lui. Non… Pourquoi moi? Tu as envie de me lâcher d’autres vacheries, mais sans que personne d’autre ne soit là? Mieux ne valait pas contester sa décision. Ça aurait donné lieu à une discussion que je ne désirais pas avoir et ce n’était ni le lieu ni le moment de toute façon.

Nous avons donc commencé à marcher quand nous avons entendu des bruits se dirigeant dans notre direction. Grâce à Berry, Ariste a découvert que c’était Lee et il l’a ramenée vers nous. Elle était un peu mal en point, mais Kyle avait l’air d’avoir fini l’opération (on pouvait voir des points de suture sur son ventre. Ariste lui a donné une potion rouge et sa barre de cœurs s’est remplie. Elle ne s’est ensuite pas gênée pour se coller sur son master adoré. Elle est vraiment mignonne. Parlant de collage… Julius a eu la joie (sarcasme) de voir revenir vers lui le tarpan qui semblait le vénérer comme la huitième merveille du monde. Sérieusement, je ne sais pas si Julius était heureux de le voir où s’il avait plutôt envie de lui tirer dessus. J’hésite entre les deux…

Lee nous a informés que Kyle était toujours prisonnier d’un village de cannibales. Quoi? Des cannibales? Muuu… Il avait fait diversion pour lui permettre de s’enfuir. La pauvre avait voyagé toute la nuit (étrangement, les ravageurs s’étaient tenus loin d’elle) et était affamée. Les ravageurs n’avaient apparemment pas très bon goût. Ew. Mais peut-être que quelques petits singes…?
-Sors tes ailes Kerns, lui aie-je demandé.
Grâce à la lumière dégagée par ses ailes, je n’aurais aucun problème à capturer l’ombre d’un des singes. J’en ai spotté un et il m’a aussitôt fait une face monstrueuse.
-Muuu…
-Euh, j’ai mes ailes sorties…
Kerns a rentré ses ailes, puis les a de nouveau sorties quand Lee s’est fait convaincre de goûter aux singes. J’ai détourné le regard et j’en ai descendu un à son niveau. Elle a croqué dedans, mais elle a aussitôt dit qu’il goûtait mauvais. Julius a utilisé le miroir de vérité pour y voir de plus près et il a ainsi découvert que les animaux dans le jour étaient en fait les ravageurs. Muuu… Vous comprenez maintenant pourquoi je capote autant? Au moins nous serions tranquilles jusqu’à ce que le soleil se couche. Kerns a mentionné avoir survolé cette nuit les ruines d’un temple et comme il avait senti une énorme puissance magique venant des environs, il pouvait y avoir un lien de cause à effet. Mais ce qui comptait pour l’instant était de retrouver tout le monde.

Nous avons fait une petite pause «Ariste pêche des poissons pour tous ceux qui en veulent et dieu merci les poissons étaient normaux» et nous sommes ensuite repartis. Lee pourrait nous guider jusqu’au village des cannibales en suivant l’odeur du sang. Pour aller plus vite, le tarpan de Julius servirait de porte-bagages et Ariste et Sheyenne se sont également transformés en beasts, totalement blancs comme Lee. Lee a semblé bien aimer le Ariste beast et s’est montrée plutôt possessive envers lui quand elle a remarqué une autre femelle. Je suis montée sur le dos de Sheyenne, mais je ne sais plus avec qui. Je m’en foutais sincèrement alors je n’y ai pas porté attention. À travers la forêt, sous les regards de ces animaux pas mignons du tout, nous avons voyagé un bon 10-12 heures. Quand nous nous sommes arrêtés, le soleil était en train de se coucher et j’apercevais de plus en plus de yeux rouges à travers les branches des arbres. Muuu… Au secours… Je veux m’en aller… Pourquoi est-ce qu’il faut que je voie ce genre de choses? Je n’ai pas l’esprit assez perturbé comme ça? Devant nous se trouvaient des parois de pics acérés et à l’intérieur de ces pics, le village des cannibales. J’étais morte de trouille, mais je ne l’ai pas montré. Aller me battre et risquer de mourir? Je me suis fait à l’idée. Aller me battre et risquer de finir sur une brochette? Non merci.

mardi 7 octobre 2008

Synonyme de oshawa: Lilianna

Wouhou! Enfin! Le retour des posts méga-depressed de Lili! Ça faisait tellement longtemps! C'est du Lili tout craché. Elle déprime et se met à penser n'importe quoi. J'adore ces moments-là parce que je peux vraiment écrire tout ce qui me passe par la tête. Ce qui n'est pas en blanc, c'est le mini-post que j'avais écrit juste avant. Comme ça va aller dans mon texte, j'ai tout mis ensemble. Enjoy!

Vanna voulait que Talis prenne un bâton pour se défendre.
-Vous avez des épées élémentales! Qu’est-ce que tu veux que je fasse avec ça?
-Il faudrait quand même que tu ais quelque chose pour te défendre! lui a-t-elle répondu.
(Je seconde. Je ne me sens pas super à l’aise de te voir t’aventurer dans la forêt sans arme, surtout avec tous ces animaux mangeurs d’hommes dans les parages.)
Vanna a fait une belle tentative d’affuter la branche de Talis avec Akaryu, mais la branche est devenue un petit tas de cendre. Bon… c’était un bel essai.
-Ok Lili! m’a dit Vanna. La prochaine fois c’est toi qui t’en occupe!
-Euh… ok.
(Je veux bien essayer, mais je ne garantie pas le résultat. Moi et le taillage de branches…)

Tout le monde étant «armé», il fallait décider d’une destination.
-Où tu veux aller Talis? lui a demandé Vanna.
-Là-bas, a-t-il répondu en pointant la colonne de fumée qui montait au loin. C’est sans doute quelqu’un du groupe qui a fait ça!
-…Il n’a pas tort, aie-je approuvé.
(Où qu’on soit, on finit par foutre le bordel à plus ou moins grande échelle.)
Nous nous sommes donc enfoncés dans la forêt (muuu) à la recherche de nos compagnons. J’ai essayé de me dire que tout allait bien se passer, que j’étais bien entourée, que ces personnes seraient là pour me protéger si un danger survenait… J’ai tout essayé pour me convaincre, mais je n’y arrivais pas. Chaque bruit me faisait sursauter. Chaque mouvement que je percevais me faisait sursauter. Muuu…

Je paniquais ben raide et Talis avait l’air de penser que je m’énervais pour rien. Non! Il y a vraiment quelque chose! À chaque fois que j’entendais des bruits, ça semblait juste être des animaux innocents. Un petit lapin, un bambi… Mais quand je les regardais, il me faisait des faces monstrueuses et redevenaient tous mignons l’instant d’après. Muuu… Au secours… J’ai fini cachée derrière Talis à de nombreuses reprises. Aucune fois il ne m’a crue. Il a même pensé que j’avais peur du noir.
-Talis, come on! lui a dit Vanna. C’est son élément!
-…It could happen!
-Talis, j’adore les trucs dark et creepy, mais là j’ai vraiment la chienne!
-Lilianna, il n’y a rien.
Tiens, un oiseau. Quand son bec s’est ouvert et que j’ai vu la rangée de dents acérées…
-Hiii!
Je suis allée me cacher derrière la première personne du bord.
-Lilianna, m’a dit Talis, si tu te colles plus sur mon dos, je pense que nous allons fusionner.
-…Désolée. Désolée.
-Ne t’inquiète pas Lili, m’a-t-il rassurée, je vais te protéger.
-…Je sais.

Seigneur… Je suis vraiment pathétique. Je suis totalement incapable de me contrôler et à la moindre frayeur je m’agrippe à Talis comme si ma vie en dépendait. Il va vraiment commencer à en avoir assez de moi si je ne me contrôle pas un peu plus. Je voudrais être plus forte, mais je n’y peux rien. Il y a quelque chose autour de nous, quelque chose de tellement creepy que j’en viens à souhaiter que le soleil se montre. Pour que moi j’en vienne à prier qu’il y ait de la lumière, c’est vraiment grave. J’aurais souhaité de tout mon cœur que Talis me croie, mais il avait l’air de me prendre pour une folle plus qu’autre chose. Why can’t you believe me? I’m scared to death so why can’t you believe in me, just this once? Je semblais par contre avoir convaincu Vanna, qui avait maintenant presqu’autant peur que moi.

Vanna et moi étant légèrement non-opérationnelles (surtout moi), Talis a décidé qu’il allait partir en éclaireur. Quoi?
-Pas question! a protesté Vanna. On vient avec toi!
-Je vais mieux y arriver seul.
-Et tu vas te défendre avec quoi? lui a-t-elle demandé.
-Avec ça, lui a-t-il répondu en lui montrant la branche qu’il tenait. Et même si je n’ai pas d’arme, je peux me défendre.
-Lilianna, c’est toi qui décide, m’a dit Vanna, comme c’est toi qui tiens le plus à lui.
-Euh… Et bien…
(Pourquoi a-t-il fallu que tu dises quelque chose comme ça?)
Talis ne tenait pas du tout à s’embarrasser de deux filles complètement paranoïaques, mais moi j’avais vraiment peur de rester toute seule (no offense Vanna).
-Très bien, s’est résignée Vanna. Mais si tu n’es pas revenu dans cinq minutes, on vient te chercher!
-…Fine!

Talis est donc parti de l’avant et je suis restée avec Vanna, à compter dans ma tête les secondes qui s’écoulaient. C’est long… C’est long… C’est long…
-Vanna, ça fait cinq minutes, non?
-Oui!
Nous nous sommes mises en marche.
-Talis!
-Talis!
-…Come on! Je ne peux rien faire en cinq minutes!
Nous nous sommes regroupés et Talis a réussi à se dealer un dix minutes. S’il te plaît. Fais attention et surtout, dépêche-toi. Je ne veux pas rester plus longtemps que nécessaire dans cette forêt maudite. Une fois que ma safety zone fut hors de ma vue, je me suis sentie un peu plus craintive. Muuu… Je veux m’en aller…
-Lilianna, moi aussi j’ai peur. Je commence même à freaker! Mais j’essaie d’être forte. Tu ne pourrais pas essayer aussi?
-Muuu… Mais j’ai peur… Hiii!
C’était quoi ça? Oh, c’est un petit singe tout mignon. Tout mignon peut-être, mais comme les autres il m’a montré de longues dents et a eu l’air de vouloir me manger. Muuu… Non. Cette fois-ci, je ne dois pas me laisser impressionner. Taïo! Je me suis pitchée sur le singe pour lui faire la peau, mais il a réussi à se sauver.
-Lilianna, qu’est-ce que tu fais? C’est juste un singe!
-…
(Non, ce n’est pas juste un singe. C’est une bête monstrueuse qui voulait me manger.)

J’ai continué à fixer la direction que le singe avait prise (toi je t’attends au détour!) et c’est là que je les ai vus. Deux yeux rouges qui me fixaient intensément. Deux yeux rouges rattachés à un corps, le corps que j’avais vu dans mes rêves. Muuu… Je suis devenue blanche comme un drap et j’ai figé. J’étais totalement terrorisée. Oh mon dieu, ça existe vraiment…? Au secours… Je sentais l’odeur horrible, je voyais le sang qui dégoulinait de sa bouche, j’entendais sa respiration sifflante… Muuu… Je pense que Vanna a tenté de communiquer avec moi, mais j’avais tellement peur que je n’ai rien compris. Quand je me suis finalement décidé à tenter quelque chose, la bibitte avait sauté par-dessus moi et avait planté ses griffes dans mon dos, m’arrachant quelques lambeaux de chair. Ow… Je ne pense pas que Vanna l’ait vraiment vue, mais elle savait au moins maintenant avec certitude qu’il y avait quelque chose d’hostile autour de nous. Plus question maintenant de rester ici et d’attendre le retour de Talis. Nous sommes parties en courant à sa recherche et j’en ai été quitte pour un chunk de chair arraché à ma cheville droite par un des (oui, un des) nombreux monstres qui se rapprochaient de nous. Ça a fait super mal, mais j’ai réussi de peine et de misère à tenir le coup. J’avais beau leur balancer des oblivion en pleine gueule, il y en avait toujours plus. J’ai réussi à me transformer en ombre (ils avaient quand même l’air de savoir où je me trouvais) et Vanna a fait un fire shield autour d’elle, mais… elle a légèrement perdu le contrôle de son bouclier, qui s’est transformé en gigantesque brasier. Oh shit. Oh shit et oups.

Moi je serais correcte tant que je resterais dans l’ombre, mais Vanna était toujours en danger à cause des créatures. Elle a donc enlevé le bouclier autour d’elle (et tenté sans succès de commander à Akaryu d’enlever le brasier) et nous sommes reparties en courant dans la direction où Talis était censé être. Étant toujours en ombre, j’ai lancé des oblivion sur mon chemin pour que Vanna sache où j’étais et me suive. Je ne regardais derrière moi que de temps à autre, alors j’ai failli manquer Vanna quand elle est tombée dans un trou. Je suis retournée sur mes pas et toujours en ombre, je me suis glissée dans le trou où elle était tombée. Elle se retenait de peine et de misère aux parois avec ses mains. Plus bas il y avait des pics alors si elle se laissait tomber, elle deviendrait du shish kebab. Je me suis dépêchée de lancer quelques dark claw pour enlever le bout des pics et que Vanna puisse se laisser tomber en toute sécurité.

Tandis qu’elle me rejoignait, j’ai pu constater qu’un couloir s’ouvrait à notre gauche. Sur le mur juste à côté de l’ouverture, il y avait une switch. Ni Vanna ni moi n’avons pu déterminer s’il y avait un piège (quelle surprise) alors nous n’y avons pas touchée. Comme nous ignorions ce qui se trouvait à l’extrémité du couloir, j’ai décidé d’aller faire un petit tour de reconnaissance dissimulée dans l’ombre. Je n’ai pas eu à marcher longtemps pour parvenir à une intersection en «T». Vanna m’avait rejoint et nous avons un peu trop haussé le ton, ce qui a attiré les créatures qui se terraient dans cet endroit. J’ai également entendu des bruits de pas, qui se sont arrêtés quand nous nous sommes mises à parler plus fort, mais je n’ai pas eu le temps de m’en préoccuper. J’ai crié à Vanna de rebrousser chemin pendant que je m’occuperais des monstres à coup d’oblivion. Malgré toute ma bonne volonté, il est vite devenu évident qu’ils étaient beaucoup trop nombreux pour moi. Je suis donc retournée près de Vanna. Il était top tard pour essayer de nous enfuir par un des couloirs et même si je nous téléportais par les ombres jusqu’à la surface, ça ne réglerait pas le problème des bibittes. Peut-être que si je trouvais l’ombre de quelqu’un du groupe…?


Les créatures se rapprochant dangereusement vite, il ne fallait pas qu’on perde de temps. J’avais repéré l’ombre de Julius alors je me suis dit qu’il fallait qu’on se rende auprès de lui. Je sais que Vanna n’est pas folle de lui, mais c’est quand même notre chef. Je suis réapparue une fraction de seconde, j’ai agrippé Vanna et je nous ai téléportées hors de là. Nous sommes réapparues directement derrière Julius. J’ai à peine eu le temps de dire «salut» que Julius me donnait un coup de poing sur le visage, sur ma joue gauche pour être plus précise.
-…Ow.
Pourquoi tu m’as frappée? Ce n’est pas bien que j’aie voulu te rejoindre en premier parce que tu es mon chef? J’ai mis ma main sur ma joue pour tenter de calmer la douleur (je vais tellement avoir un bleu) et je me suis mordue les lèvres pour empêcher mes larmes de trop couler. J’ai mal…
-Mais qu’est-ce que vous faites là? nous a reproché Julius. Vous n’avez pas de tête?
-…
(…Ben là… On se serait fait tuer par les trucs dégueus qui décapitent le monde.)
-Vous n’avez vraiment pas de cerveau vous! m’a critiquée Julius. De toute façon, vous n’en avez jamais eu!
-…Ben là…
-Tout ce que vous avez c’est votre corps! Tout ce que vous faites, c’est vous en servir pour aguicher les hommes!
-…Non…

Je ne suis plus comme ça. Il me semble que tu le savais, non? Alors pourquoi tu es méchant comme ça avec moi? Ça te fait donc plaisir de me voir pleurer?
-Moi elle ne m’aguiche pas! m’a défendue Kerns.
-Mais si! a repris Julius. Regarde-la! En ce moment même elle t’aguiche!
-Ben là…
(Je ne fais rien du tout…)
-Je me demande bien ce que les deux garçons ont pu vous trouver? s’est-il demandé. Peut-être que c’est un trip de mâle? Posséder un corps vide?
-…
(…Pourquoi tu fais ça? Pourquoi tu fais ça devant tout le monde? Je pensais que j’avais agi correctement dernièrement. Qu’est-ce que j’ai fait de mal? Pourquoi tu fais absolument tout pour me rabaisser?)
-Dites-le donc, a-t-il continué. Au fond, vous aimez ça les ruelles?
-…
Ça a été le coup de grâce pour moi. Je me suis sentie devenir blanche comme un drap et mes yeux se sont mis à couler tous seuls. Je le savais. Je savais au fond de moi que je méritais ce qui m’était arrivé. Je savais aussi que c’était l’opinion de Julius. C’était juste trop beau pour être vrai.

La faible estime de moi-même que j’avais réussi à reconstruire ces derniers temps fondant comme neige au soleil, j’ai à peine remarqué que Vanna frappait Julius «au bon endroit» pour me défendre. Pourquoi tu l’as frappé? Il n’a fait que dire la vérité. Quelques instants plus tard, Julius semblait reprendre ses esprits, accoté sur un mur le temps que la douleur passe.
-Mais qu’est-ce qui se passe? a-t-il demandé.
Vanna et Kerns ne se sont pas faits prier pour lui dire qu’il m’avait gravement insultée.
-Je suis désolé, s’est-il excusé. Je ne m’en souviens pas. Je ne devais pas le penser.
(Arrête. Arrête de faire semblant d’être gentil avec moi. Je sais ce que tu penses vraiment de moi, alors arrête. Plus de faux-semblant, d’accord? C’est vraiment pathétique comme excuse. «J’ai oublié»! Même pour moi ça serait dur à avaler. Tu n’as vraiment pas une haute opinion de mon intelligence pour penser que je vais croire ça. Et puis comme si j’allais croire quoi que ce soit venant de toi.)

Quand Ariste a commencé à péter une fuse, Kerns et Julius ont eu l’idée de me demander de me servir de mes épées pour le contrôler par son ombre.
-Fuck you! Voir que je vais vous aider!
-Lilianna! m’a dit Julius.
-Non! Je sais comment ça va revirer! «Aide-nous»! Et après tu vas recommencer à m’insulter!
(Ariste a déjà commencé d’ailleurs. Oui Ariste, merci de me traiter de pute et de me rappeler l’épisode des «putes attaques» sur le bateau des buccaneers. Je ne suis pas sûre s’il a dit «avoue que tu aimes faire ça» ou «tu sais juste faire ça» tant j’étais occupée à chialer après Julius, mais ça revient du pareil au même. Je suis juste une pute et c’est ce que tout le monde pense.)
-Lilianna, m’a calmement dit Kerns en me touchant les épaules.
-…Toi… Touche-moi pas, criss!
Débrouillez-vous tous seuls avec vos «chicanes de couple»! Moi, je m’en vais! J’ai enlevé ma botte (il en manque un morceau anyway) et j’ai déchiré un morceau de mon manteau pour bander ma blessure à la cheville (c’est vraiment dégueulasse. Presqu’autant que lorsque Minos m’a fait exploser les pieds). J’ai repris mes épées dans mes mains, bien déterminée à redevenir une ombre et à foutre le camp.

Quand j’ai eu mes épées en main, quelque chose d’étrange s’est produit. Quand je regardais Ariste et Julius, ma vision semblait dédoublée. Comme si je voyais, superposé à eux, un des monstres que j’avais aperçus dans la forêt. Alors ils seraient contrôlés par eux? Leurs gestes peut-être, mais le reste… Ne comptez pas sur moi pour le croire. Si je peux au moins les arrêter de se taper dessus, ça fera toujours ça de fait. Kerns s’en est chargé avant moi. Il a essayé de mettre Ariste ko, mais il lui a cassé le cou et Ariste s’est écroulé par terre. Eh merde! Pendant que Kerns retournait se défendre contre Julius, j’ai vu Ariste se relever(?) et replacer son cou d’une manière qui me faisait penser aux créatures. Je suppose que c’est une preuve de plus qu’il est contrôlé par eux. J’ai réussi à contrôler Ariste par son ombre, mais il a rappelé Sun Lao à lui et nous a balancés des ice spike en pleine figure. J’ai réussi à les éviter et j’ai fait en sorte qu’Ariste s’assomme lui-même.

Quand je me suis tournée vers Julius pour le contrôler à son tour, j’ai senti une grande colère m’envahir. J’avais très envie de lui péter la gueule. Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’agir. Une grosse lumière blanche s’est dégagée de Kerns et s’est dirigée vers nous à toute vitesse. Les deux seules pensées qui m’ont traversé l’esprit avant que je ne m’évanouisse furent «C’est trop de light!» et «j’espère que ça va me tuer».

Black out.

J’espérais presque l’attaque de Kerns m’achève. Je n’aurais plus ainsi à subir les remarques blessantes de tout le monde. Être libérée définitivement de toute cette souffrance. Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour que ça arrive…? Quand le noir a fait place aux cauchemars, j’ai su que la vie n’en avait pas fini avec moi. Ça ou alors j’étais rendue en enfer, condamnée à revivre les pires moments de ma vie.

C’était la nuit. Il pleuvait. Je ne reconnaissais pas les bâtisses autour de moi, mais je savais que j’étais à Darsack. Dès que j’ai fait cette réalisation, j’ai essayé de reculer, d’enfoncer mes pieds dans le sol pour m’empêcher de continuer, mais mon corps semblait doué d’une volonté propre et continuait quand même. Plus j’avançais et plus j’avais peur, parce que je savais où je me rendais. Il faisait de plus en plus noir et l’atmosphère était de plus en plus oppressante. J’espérais de tout cœur que mon intuition me trompait, mais tandis que je me rapprochais, mes battements de cœur de plus en plus paniqués ne faisaient que confirmer mes pires craintes. Quand j’ai tourné le coin de rue fatidique, elles se sont bel et bien confirmées. Au fond de la ruelle m’attendaient quatre silhouettes encapuchonnées. J’ai tout de suite su qu’il s’agissait des hommes qui m’avaient agressée. J’ai essayé de m’enfuir, mais une petite voix dans ma tête ralentissait mes gestes. Cette voix, la mienne, me disait : Pourquoi essaies-tu de t’enfuir? Tu mérites ce qu’ils vont te faire. Tu mérites de souffrir pour rembourser toute la souffrance que tu as causée.

Alors même si une partie de moi voulait s’en aller, j’en ai été incapable. Pour une seconde fois, je n’ai eu d’autre choix que de subir les pires assauts. Personne n’est non plus venu à mon secours cette fois-ci, mais en plus, pendant que je me faisais violer, j’ai entendu dans ma tête les voix de tous ceux à qui je tenais. Ils me disaient mes quatre vérités. Et rien de ce que j’entendais ne me semblait faux. Ils ont tous raison. Je suis une merde. Non, encore pire. Une sous-merde. Une ratée. A pathetic excuse for a human being. Une idiote. Une pauvre fille sans cervelle qui ne sait rien faire d’autre qu’aguicher les hommes et écarter ses cuisses pour eux (un ou plusieurs hommes à la fois) que ce soit de façon consentante ou non. Une pute. Une vulgaire prostituée de bas-étage. Une misérable catin dont le seul atout est son corps. Une traînée qui ne sait que tromper et faire souffrir ceux qui l’entourent.

I was a fool. I was such a fool to think people could believe in me, could believe I sincerely wanted to change and make up for what I did. They don’t care. No one cares. Quoique je dise ou fasse, malgré tous mes efforts, ma parole est toujours mise en doute. Par exemple, j’ai essayé de convaincre Talis qu’il y avait des monstres, mais il ne m’a pas crue. Il a seulement pensé que j’étais complètement paranoïaque. Quelque soit le sujet touché, on ne me croit pas. On s’attarde à ce que j’étais et pas à ce que je suis ou que je pourrais être. Peu importe la souffrance que j’ai vécue et les épreuves que j’ai traversées, je suis condamnée. Une chance que je n’ai pas confié à Talis ce que j’avais enduré à Darsack et dans le désert, malgré l’envie de me confier qui me démangeait, malgré le besoin viscéral de me reposer sur une épaule compatissante. Il aurait fait comme Julius vient de faire, me dire que je le méritais.

Les émotions, c’est vraiment de la merde. J’ai été idiote de me faire avoir aussi facilement.

C'était de la grosse bullshit.

Toutes ses histoires de «vous devez travailler fort pour regagner ma confiance et celle des autres» et de «vous ne méritez pas ce qui vous est arrivé».

C'était de la grosse bullshit.

Toutes ses belles paroles d'encouragements, il les a sans doute dites pour mieux pouvoir me rabaisser par la suite. Son opinion de moi n'a pas changé.

Il était peut-être contrôlé par ces créatures, c'est quand même ce qu'il pensait vraiment qu'il a dit. Ça a commencé avant la grotte.

Je l'avais bien compris à son «vraiment?».

Il me considère toujours comme une salope. Une pute. Une aguicheuse sans cervelle qui sait seulement se servir de son corps. Une femme qui ne peut rien faire d'autre pour les hommes à part leur ouvrir ses cuisses. Une moins que rien courant après le viol parce qu'elle aime ça. Sa remarque sous-entendant que je méritais ce qui m'était arrivé.

Il ne pense pas non plus que je mérite Nakago (ou que je méritais Talis). Il n’a pas tort là non plus. Nakago est si merveilleux, si… parfait. Moi je suis si… ordinaire. Je n’ai réussi qu’à le faire souffrir (et à écarter mes cuisses pour lui). Il pourrait avoir n’importe quelle fille. Il doit y avoir… il y a des tonnes de filles plus belles et gentilles que moi, alors pourquoi moi? Pourquoi m’aime-t-il? Pourquoi ne regarde-t-il aucune autre fille que moi? Je ne le comprends pas du tout.

Au fond de moi, je savais déjà tout ça. Je devrais remercier Julius dans ce cas. Parce qu'il n'a fait qu'énoncer tout ce que je savais déjà.

J'ai mérité ce qui m'est arrivé.

Je mérite tout ce qui m'arrive.

Alors ses histoires de «je ne m'en souviens pas»? Yeah, right.

Je ne serai plus jamais assez idiote pour tomber dans le panneau. Je n'avais déjà pas envie de me confier à lui au départ, mais je l'ai fait pareil, me disant que peut-être... Regardez où ça m'a menée.

J'avais bien raison. Quand on confie aux autres nos plus grandes craintes, nos pensées les plus intimes, ça finit par nous retomber dessus.

C'était de la grosse bullshit.

Plus jamais. Plus jamais je ne me ferai prendre à ce jeu. Surtout pas par lui.

Il y a quelque chose de pire qu’oshawa?

lundi 6 octobre 2008

C'était de la grosse bullshit

C'était de la grosse bullshit.

Toutes ses histoires de «vous devez travailler fort pour regagner ma confiance et celle des autres» et de «vous ne véritez pas ce qui vous est arrivé».

C'était de la grosse bullshit.

Toutes ses belles paroles d'encouragements, il les a sans doutes dites pour mieux pouvoir me rabaisser par la suite.

Son opinion de moi n'a pas changé. Il était peut-être contrôlé par ces créatures, c'est quand même ce qu'il pensait vraiment qu'il a dit.

Ça a commencé avant la grotte. Je l'avais bien compris à son «vraiment?».

Il me considère toujours comme une salope. Une pute. Une aiguicheuse sans cervelle qui sait seulement se servir de son corps. Une femme qui ne peut rien faire d'autre pour les hommes à part leur ouvrir ses cuisses. Une moins que rien courant après le viol parce qu'elle aime ça. Sa remarque sous-entendant que je méritais ce qui m'était arrivé.

Au fond de moi, je savais déjà que c'était le cas. Je devrais le remercier dans ce cas. Parce qu'il n'a fait qu'énoncer tout ce que je savais déjà.

J'ai mérité ce qui m'est arrivé.

Je mérite tout ce qui m'arrive.

Alors ses histoires de «je ne m'en souviens pas alors je ne dois pas le penser»? Yeah, right.

Je ne serai plus jamais assez idiote pour tomber dans le panneau. Je n'avais déjà pas envie de me confier à lui au départ, mais je l'ai fait pareil, me disant que peut-être... Regardez où ça m'a menée.

J'avais bien raison. Quand on confie aux autre nos plus grandes craintes, nos pensées les plus intimes, ça finit par nous retomber dessus.

C'était de la grosse bullshit.

Plus jamais.

Plus jamais je ne me ferai prendre à ce jeu. Surtout pas par lui.

lundi 29 septembre 2008

Muuu...

C'est toute la game de dimanche passé. Désolée s'il y a des erreurs, mais je n'étais plus très sûre quand j'étais en train d'écrire. Je me suis aussi rendu compte il y a 5 minutes qu'il y a eu un glitch que personne n'a détecté: Lili n'a pas pu donner de potion à Talis parce qu'elle n'avait pas son sac à dos. Ce qui est fait est fait, alors peu importe. On a juste à prétendre qu'il y a eu une intervention divine ou n'importe qu'elle autre circonstance improbable!

Je suis restée assise près de Talis. Je ne voulais pas me coucher avant qu’il ne se réveille, mais mes yeux se sont fermés tous seuls. Ça n’avait rien d’étonnant. Je n’avais ni dormi, ni bu, ni mangé depuis que je m’étais réveillée sur la plage. Mon sommeil a été peuplé de cauchemars. Je me trouvais entourée d’une noirceur qui était très inconfortable. Pour moi qui adorais tout ce qui était dark et creepy, ça ne pouvait signifier qu’une chose : un grand danger rôdait près de moi. Comme de fait, j’ai entendu des bruits qui venaient vers moi. Je n’aurais pu dire s’il s’agissait de craquements ou de grincements, mais ça me mettait définitivement mal à l’aise. J’ai tenté d’échapper à cette menace invisible, mais je courais tellement au ralenti que j’ai finalement décidé de faire face à cet ennemi. J’ai essayé de summoner mes épées, mais je n’ai pas été capable. J’ai regardé autour de moi à la recherche d’une arme potentielle, mais il n’y avait ni roches ou bâtons par terre. Muuu…
-Je viens en paix?
(On ne sait jamais, ça pourrait marcher!)

Des yeux rouges se sont allumés dans la noirceur. Muuu… J’aime pas ça… Quand la créature s’est avancée, une odeur abominable m’est montée aux narines. C’était une odeur de moisi/décomposition/puanteur indéfinissable qui me donnait envie de vomir. J’ai ensuite vu un bras squelettique qui ne m’inspirait pas du tout confiance et j’ai entendu le bruit de quelque chose qui dégoulinait. Muuu… Je suis sûre que c’est du sang… Dans son autre bras, il avait l’air de tenir quelque chose. Je savais que je ne voulais pas savoir ce que c’était, mais j’ai quand même regardé. Il s’agissait de la tête sans vie d’Ariste. Muuu… Quand mon regard est remonté au visage de la créature, j’ai constaté que ce qui dégoulinait depuis tout à l’heure était bel et bien du sang.



Muuu… Je veux m’en aller… Pourquoi il n’y a pas d’arbre où je pourrais me réfugier? Muuu… Comme je ne pouvais pas me défendre, j’ai décidé d’essayer de me sauver encore, mais le «truc» m’a sauté dessus. Hiii!!!

Je me suis réveillée en sursaut, le cœur battant à la vitesse de l’éclair et la respiration haletante. Plus jamais je ne veux faire des rêves comme ça…
-Lilianna, tu m’étouffes?
-Hein?
J’étais agrippée à Talis comme si ma vie en dépendant.
-Tu m’étouffes!
-Désolée! Désolée!
Je l’ai lâché et je me suis un peu reculé. J’espère qu’il ne m’en voudra pas, je ne me suis vraiment pas rendue compte de ce que je faisais.
-Désolée! J’ai fait un cauchemar!
-Ça va! Je me doute bien que les gens ne huggent pas comme ça quand ils rêvent de petits lapins »
-…Sans doute…
-Ow! J’ai un de ces mal de crâne!
-C’est normal, avec le cou que tu as reçu sur la tête.
-Bizarre, je ne me souviens pas d’avoir reçu un coup sur la tête.
-Et bien avec le tsunami…
-Qu’est-ce qui s’est passé?
-Je me suis réveillée sur la plage, j’ai trouvé Ariste, Julius et Lee. Ils cherchaient Kyle pour opérer Lee et je crois que Julius l’a trouvé. Je crois que c’est tout.
-Comment vont les autres?
-Ceux qu’on a retrouvés : bien!
-Et les autres?
-…Je ne sais pas!

Talis était encore un peu patraque alors quand il a aperçu les brownies, je pense qu’il croyait rêver.

-Wow… Lilianna, on a grandi!
-Euh… non. Ce sont eux qui sont petits.
-Wow…
Talis en a agrippé un par le collet et le pauvre petit a semblé crever de peur.
-Lâche-le Talis, je pense que tu lui fais peur.
-Oh, ok.
Il a déposé le brownie par terre et ce dernier ne s’est pas fait prier pour s’en aller.
-Je ne comprends pas ce qu’ils disent. Tout ce que je sais, c’est qu’«oshawa» veut dire «nous sommes des merdes» et ce qu’il y a juste avant c’est «vous êtes des grands dieux».
-Ok! Alors, où est Jillian? m’a demandé Talis.
-…Quoi? Tu étais avec lui quand tu t’es réveillé?
-Oui.
-…Il n’est pas ici.
-Quoi? Avoue que tu me fais marcher?
-…Non, je ne plaisanterais pas avec ça. Tu étais seul quand Julius t’a trouvé.
-…Peut-être que Jillian s’est perdu en allant chercher du secours…?
(J’imagine mal Jillian se perdre.)
-…Peut-être! Où étiez-vous quand vous vous êtes réveillés?
-Un endroit où il y avait de la mousse. Et il y avait un drôle d’odeur.
-Genre une odeur de moisi/décomposition/puanteur indéfinissable?
-Non, ce n’était pas ça.
-Ok…
(Peut-être que c’était juste un rêve…? Je l’espère.)

Comme Talis était réveillé et qu’il pouvait marcher, nous avons décidé d’aller retrouver les autres sur la plage.
-Je t’avertis tout de suite, je ne sais pas du tout comment y retourner.
-C’est par là, m’a-t-il répondu en me pointant une direction.
-Comment tu fais pour le savoir?
-Je sens l’eau de mer et j’entends l’océan.
-…
(Wow, il est fort. Moi je n’entends ni ne sens rien. S’il n’avait pas été un elfe, je crois que nous aurions erré à jamais dans ces bois.)
Nous avons quitté le village des brownies et pendant que nous marchions dans les bois, nous avons entendu une voix venant du ciel. Ça ressemblait à…Vanna?
-Je dois halluciner, m’a dit Talis, parce que j’entends Vanna.
-Je l’entends aussi.
Nous avons continué d’avancer et la voix s’est faite plus claire.
-Can anybody hear me?!
C’était bel et bien Vanna.
-Moi je t’entends! lui a crié Talis.
-Je t’entends aussi! aie-je ajouté.

Elle est descendue à notre niveau (ses ailes mécaniques fonctionnaient toujours) et nous a informés que Ky-Pri et Lee avaient disparu. Je lui ai dit à mon tour que Talis s’était réveillé avec Jillian, mais que ce dernier s’était maintenant évaporé. Julius et Ariste étant apparemment partis chercher les clés, nous avons décidé de retourner sur la plage, là où Kyle et Lee avaient été vus la dernière fois. Talis a examiné les traces de pas par terre que Kyle avait laissées et a conclu qu’elles s’éloignaient, mais disparaissaient peu après. Je me suis alors rappelée m’être déjà servie de mes épées pour avoir un chemin. Peut-être qu’elles pourraient retrouver Kyle…? Je n’ai réussi qu’à appeler une des épées.
-Twink! Twink! Twink!
À entendre les intonations de ses «twink», c’était la gentille. Bonne épée, je t’aime. Pate, pate. À force de charme, j’ai réussi à faire apparaître l’autre.
-TWINK! TWINK! TWINK!
-Est-ce que vous pourriez tracer un chemin pour qu’on retrouve Kyle?
-Twink! Twink! Twink! Twink!
-TWINK! TWINK! TWINK!
-Un twink pour oui et deux twink pour non?
-Twink! Twink! Twink! Twink!
-TWINK! TWINK! TWINK!
La gentille ne semblait pas avoir de problème avec ma demande, mais la méchante frustrait de plus en plus. Il faudrait que je trouve une stratégie. Mmmm…
-Mais c’est le porteur de la pierre de light! Pensez-y… On va aller péter la gueule au porteur de la pierre de light…
-TWINK! TWINK! TWINK!
Pouf!
-Ben là…
Espèce d’épée frustrée de la vie. Ça ne devrait pas te rendre heureuse que je veuille péter la gueule à notre «ennemi juré»? Même si je n’ai absolument aucune intention de faire du mal à Ky-Pri. Au moins je t’ai toi, gentille épée. Pate, pate.

Je pensais que depuis le temps Talis s’était habitué à me voir parler et pater mes épées et aussi à comprendre (des fois) ce qu’elles me disaient, mais en ce moment il me regardait avec des grands yeux, comme s’il n’arrivait pas à croire ce qu’il voyait. Il a même essayé de les poker.
-Tu ne peux pas y toucher Talis, lui a dit Vanna.
-C’est vrai, a-t-il conclu en voyant que ses doigts passaient au travers.
Je ne pouvais quand même pas laisser les choses comme ça. Il fallait se regrouper au plus vite. J’ai réussi à rappeler mon épée et je leur ai demandé à toutes les deux si elles pouvaient essayer de trouver l’ombre de Kyle.
-TWINK! TWINK! TWINK! TWINK!
Pouf!
(Traduction libre: Tu veux que je trouve l’ombre de quelqu’un quand il y a de l’ombre partout? Idiote!)
-Au moins toi tu es gentille. Je pourrais te mettre un ruban si tu veux?
-Twink! Twink! Twink! Twink
À l’intérieur de moi, j’ai entendu des «TWINK» de protestation. Traduction libre : Hé, ho! Je refuse d’être associée à ça!
-Je pourrais t’en mettre à toi aussi?
-TWINK! TWINK! TWINK!
-Un beau ruban noir?
-…Twink.
(Je n’arrive pas à y croire. Je vais peut-être venir à bout de cette épée… avec un ruban? J’aurais dû y penser plus tôt.)

Sans l’aide de mes épées, je ne voyais pas du tout comme nous pourrions retrouver les autres. Nous avons décidé d’attendre un peu. Julius et Ariste ne devrait plus tarder.
-J’ai faim. Quelqu’un a quelque chose à manger? aie-je demandé aux deux autres.
-Tu peux prendre une noix de coco, m’a dit Vanna.
-C’est quoi une noix de coco?
Elle m’a pointé une boule brune avec du poil dessus. Quand on la coupait, on pouvait boire le liquide à l’intérieur et aussi manger la chair blanche. Ce n’était pas mal comme goût. Talis, lui, n’a pas eu l’air d’apprécier alors Vanna lui a pointé le tas de bananes qu’il y avait près de lui. Talis en a profité pour nous demander si nous avions vu son arc, mais malheureusement nous ignorions toutes les deux où il se trouvait. J’avais maintenant mangé et bu, mais quelque chose me manquait toujours.
-Café… Café… J’ai un biscuit…
Aucune réponse. Muuu. Je veux mon Café.
-Ne t’en fais pas Lili, je suis certain que tu vas le retrouver. Ou peut-être qu’il s’est dissous dans l’océan…?
-Muuu… Je lui avais même fait faire un collier et une médaille…
-Ne t’en fais pas! Café est immortel! Et tu sais bien qu’il a l’art de surgir des endroits les plus bizarres!
-…C’est vrai.
Tu as raison Talis. En temps et lieu, je vais le retrouver mon Café. Ou alors je trouverai quelqu’un qui pourra m’en fabriquer un autre!

La seule autre chose que nous aurions pu faire était de nous aventurer dans l’inconnu et je m’y opposais farouchement. Je commençais à sentir quelque chose de définitivement trop creepy pour moi et j’entendais des sons qui ne me plaisaient pas du tout. En y portant plus attention, les bruits m’ont fait penser à ceux que j’avais entendus dans mon rêve.
-Muuu… C’est comme dans mon rêve…
Talis a failli aller y jeter un coup d’œil, mais Vanna l’a tellement engueulé (She had the eyes. You know, the eyes.) qu’il n’a plus osé bouger. Moi non plus je n’osais plus bouger, mais pas à cause de Vanna. La peur me paralysait et faisait grimper mon niveau de panique de façon exponentielle. J’étais de plus en plus persuadée que tout près de nous se trouvait une (ou plus probablement plusieurs) créature comme celle dont j’avais rêvé. Quand j’ai entendu les bruits se rapprocher, j’ai vraiment paniqué.
-Muuu… J’ai peur…
Talis s’est retourné pour constater de ses propres yeux la cause de ma terreur, mais tout ce qui est passé devant nous fut un minuscule crabe.
-Un crabe? s’est étonné Talis. Tu as peur d’un crabe?
-Non! C’est comme dans mon rêve! Un truc avec des grandes griffes, des grandes dents, du sang qui dégouline de sa bouche et ça s’amuse à décapiter les gens!
-Lili, m’a dit Talis en prenant mon visage entre ses mains, ce n’était qu’un rêve.
-Peut-être que c’était un rêve prémonitoire? a suggéré Vanna.
Je n’ai jamais fait de rêves prémonitoires alors pourquoi il faudrait que je commence par un cauchemar aussi creepy que ça? Muuu…

Quand l’odeur de moisi/décomposition/puanteur indéfinissable nous est montée au nez, j’ai pété ma coche.
-Je veux m’en aller! Je veux m’en aller!
J’ai fait sortir ma deuxième épée et je me suis préparée à nous téléporter n’importe où. Le plus loin possible, le mieux ça serait. Mais une petite voix dans ma tête m’a dit que «n’importe où» ça pouvait vraiment être n’importe où. La dernière chose dont nous avions envie en ce moment c’était de nous téléporter dans une roche ou près de quelque chose ou quelqu’un que nous n’avions pas envie de voir alors il était préférable d’abandonner cette idée.
-Je vais laisser faire d’abord… Vanna, si on prend une potion chibi, est-ce que tu peux nous prendre dans tes bras et t’envoler?
-Bien sûr!
-Écoutez, a commencé Talis.
Je ne l’ai pas laissé terminer sa phrase. Je l’ai forcé à prendre quelques gorgées de la potion et il s’est transformé avant d’avoir pu protester plus. Il était vraiment mignon en chibi, surtout que sa voix semblait s’être adaptée à sa grandeur.


J’ai ensuite pris ma dose de potion. Si j’avais bien calculé, nous en avions pour à peu près une demi-heure. C’était amplement suffisant pour nous éloigner de cet endroit. Il y avait des montagnes à l’horizon, mais elles étaient beaucoup trop loin pour que nous songions à y aller. Comme je n’avais aucun désir de retourner dans la forêt, nous sommes restés dans les airs le plus longtemps possible et nous nous sommes posés sur la plage juste avant que la potion ne cesse de faire effet. Muuu… J’entends encore des bruits.
-Nous pourrions aller nous réfugier dans l’eau, a dit Vanna.
-Il ne sait pas nager! lui aie-je répliqué.
-Moi non plus! Mais on peut s’avancer jusqu’à avoir de l’eau aux genoux et on pourra entendre si quelqu’un arrive!
-…C’est vrai.
Talis nous a suivies après avoir été convaincu par Vanna (She had the eyes. You know, the eyes.), mais il n’est pas resté longtemps.
-Je n’ai pas l’intention de rester caché dans l’eau pendant que Jillian, Kyle et Lee ont peut-être été enlevés!
Il a fait demi-tour et est parti vers la forêt.
-Tu vas te défendre avec quoi? lui a demandé Vanna.
-…Je vais aller avec lui!
-Je viens aussi!
Voir que je vais laisser Talis, n’importe qui en fait, affronter des créatures avec des longues griffes, des longues dents, une tendance à décapiter les gens et une odeur de moisi/décomposition/puanteur indéfinissable! C’est sûr que je vais essayer de les protéger! Mais j’ai quand même très peur. Muuu…