mardi 3 avril 2007

I don’t know where my life is headed. I don’t know anything at all anymore

Tourment. Angoisse. Peine. Crainte. Déchirement. Enfer. Tant de mots pour décrire une seule chose : le destin tragique des porteurs d’orbes.

La première fois que j’ai entendu cette expression, je me suis dit : Destin tragique? Mais non! J’avais tellement tord. J’aurais dû y croire dès le premier instant. Cela explique facilement la suite de tragédies qui se sont enchaînées depuis le début de mon existence. Mon père qui nous a quittées ma mère et moi alors que j’étais toute jeune, le voisin qui a abusé de moi pendant des années, les gens qui sont morts directement ou indirectement par ma faute, les années que j’ai passées à me prostituer, les cœurs que j’ai blessés, dont un en particulier… J’ai arrêté de compter le nombre de fois où j’ai souhaité de tout mon cœur pouvoir tout oublier, tirer un trait sur le monde entier ou encore retourner en arrière pour tenter de changer ce qui est arrivé.

Changer le passé? Le ferais-je vraiment si je le pouvais? Effacer de ma mémoire tout ce que j’ai pu vivre de tragique? Je ne sais pas… Si je n’avais pas vécu tout ce que j’ai vécu, je n’aurais jamais rencontré tous ces merveilleux amis qui sont la seule famille que j’ai, les seuls sur qui je peux compter :

Julius :Je sais qu’il ne cherche qu’à faire son travail de chef du mieux qu’il peut, mais je le trouve vraiment chiant ces temps-ci, très froid. Suis-je si égoïste de vouloir un peu de compréhension de sa part? J’ai l’impression que je ne fais jamais rien de correct à ses yeux et je me sens souvent visée par ses critiques. Je voulais vraiment être son amie, mais je ne crois pas que c’est ce qu’il désire. Il serait probablement plus heureux si je partais, pour le «bien du groupe».

Ariste :C’est mon meilleur ami et je donnerais volontiers ma vie pour lui. Il dit souvent des conneries et se mêle tout aussi souvent de la vie des autres, mais je sais que je pourrai toujours compter sur lui. C’est pour ça que je ne le laisserai jamais tomber.

Vanna : …J’ai cru à une époque que peut-être nous pourrions être quelque chose qui ressemble à des amies, mais plus maintenant. Elle ne réfléchie pas aux conséquences de ses actes et semble se foutre royalement des personnes qu’elle peut blesser par ses paroles. Zéro de tact et zéro de politesse.

Kernz : Se bave souvent dessus des temps-ci. Je le croyais misogyne la première fois que je l’ai rencontré, mais c’est quelqu’un de très sympathique, qui ferait n’importe quoi pour ses amis. Quand je passe du temps avec lui, j’ai l’impression d’oublier mes soucis et de vivre la jeunesse que je n’ai jamais vécue.

Sheyenne : Hyperactive. C’est le mot qui la décrit le mieux. Mais ce n’est rien en comparaison de tout ce qu’elle nous apporte : joie de vivre, réconfort. Son innocence et sa pureté sont totalement irrésistibles. Elle cherche toujours à prendre soin des autres avant elle-même. C’est la personne la plus généreuse que je connaisse et même si je me suis montrée une bien piètre amie dernièrement, je ne sais pas ce que je ferais sans elle. Un petit bout de femme, mais au combien combatif et féroce si besoin s’en fait sentir!

Kyle : Malgré toutes les vacheries qu’on s’envoie, je ne le déteste pas. Je suis juste incapable de le supporter à cause qu’il est light. Il essaie de garder un air indifférent, mais combien de fois l’aie-je vu se pitcher pour sauver quelqu’un? Je pourrais le haïr parce qu’il a refusé de m’aider, mais je ne le comprend juste pas. Peut-être qu’il se fout de ce qui m’arrive parce que je suis dark?

Aurais-je vraiment envie d’oublier toutes ces personnes? Non, car cela voudrait aussi dire oublier Talis et Nakago. Talis… Je l’ai dit souvent et je le redit encore : c’est l’homme le plus doux, gentil et adorable que je connaisse. Et pourtant, je lui ai brisé le cœur. Cette décision, je la ressens cruellement à chaque fois que je croise son regard. La vie sera sans doute plus facile pour nous deux maintenant qu’il a décidé de partir. Oui, c’est ce qu’il y a de meilleur. Mais pourtant, j’aimerais tellement qu’il reste, car je sais que je vais me faire un sang d’encre pour lui. Il pense que je me forçais à être gentille avec lui. Il ne pourrait pas avoir plus tord. Je n’aurais jamais imaginé que prendre cette décision me ferait si mal. Et c’est pire de jour en jour, parce que je sais qu’il m’aime et je l’aime aussi, je l’aime tellement. Ce n’est que maintenant que je l’ai quitté que je me rend compte à quel point je l’aime de tout mon cœur et de toute mon âme. Mais ça, il ne le saura jamais et c’est mieux ainsi. Je veux dire… Qu’est-ce que je ferais s’il l’apprenait et qu’il décidait de se battre pour moi, de tenter de me reconquérir?

Avant, j’aurais dit qu’il n’avait pas de chance, mais aujourd’hui… C’est là qu’est le problème, ce «mais». Je ne devrais pas hésiter, car j’aime sincèrement Nakago de tout mon cœur. Je ne lui ai pas dit qu’il était l’amour de ma vie pour rien. Pourquoi suis-je incapable d’arrêter de penser à Talis dans ce cas? Je dois avouer que les dernières nouvelles que Kyle m’a données sur Nakago m’ont légèrement beaucoup perturbée. Il a dit que Nakago me tuerait la prochaine fois qu’il me verrait, pour prendre ma pierre. Je n’y crois pas et je n’y croirai jamais. Y croire, céder le pas au doute, signifierait qu’il m’a menti depuis le début et qu’il s’est servi de moi dans le seul but de s’approprier ma pierre. Je ne peux pas accepter cela. Comment le pourrais-je? Renier la sincérité, l’amour et l’adoration que j’ai vu dans ses yeux? Croire que toutes les fois où il m’a dit qu’il m’aimait, qu’il serait toujours là pour moi et qu’il ferait n’importe quoi pour moi n’étaient que mensonge? Comment pourrais-je accepter de tirer un trait sur tout le bonheur qu’il m’a apporté? Je ne le peux et ne le veux pas. Oui, il m’a caché des choses, beaucoup de choses (ce que moi je ne lui ai pas dit n’est rien en comparaison de ça), et m’a aussi menti, mais pas sur ses sentiments. Je me fiche que le monde entier me traite de folle d’être amoureuse d’un evil bastard/psychotic almighty general, parce que chaque fibre de mon corps, de mon cœur et de mon âme me dit qu’il m’aime sincèrement. Je lui ai promis que je ne douterais plus de lui et j’ai bien l’intention de tenir parole. Mais j’ai quand même peur de ce que je pourrais apprendre. Pas parce que ça me fera cesser de l’aimer, mais parce que j’ai l’impression qu’à chaque révélation il s’éloigne un peu plus de moi. Je ne veux pas regretter ma décision, je ne la regrette pas, mais j’ai peur d’atteindre le point de non-retour. Qu’est-ce que je ferai le jour où je me retrouverai devant lui si je ne le reconnais pas? Serais-je toujours capable de l’aimer si je me rend compte que le véritable Nakago n’est pas l’homme dont je suis tombée amoureuse, malgré tous les mensonges et toutes le tromperies?

samedi 24 mars 2007

Raven 24: It’s a boy

Kazumi, Lotus et moi nous trouvions dans la salle d’entraînement.
-Alors, kelpie conne, tu voulais t’entraîner avec moi?
-J’ai un nom!
-Raven, m’a dit Kazumi, il ne faut pas insulter son adversaire.
-Mais elle n’arrête pas de me traiter de briquet!
-Mais c’est vrai! a dit Lotus. Tu n’arrêtes pas de mettre le feu partout!
-Muuu.
-Ça vaut aussi pour toi Lotus, lui a dit Kazumi. Il faut éviter d’insulter ses ennemis.
-Mais ce n’est pas mon ennemie! C’est mon alliée!
(J’aurais pu me sentir insultée qu’elle ait l’air de vouloir dire que comme j’étais son alliée c’était correct de m’insulter, mais j’étais focusée sur le fait qu’elle ait justement dit que j’étais son alliée. Wow… Ça veut dire qu’elle me considère comme membre de l’équipe… Ça faisait tellement longtemps que je ne m’étais pas sentie comme ça.)

Lotus et moi étions donc en train de nous battre quand Nico est arrivé. Kazumi a proposé qu’il se batte avec moi.
-Mais on est en train de se battre! a protesté Kazumi. Je veux tester mes black knuckles!
-Mais ça serait bien pour Raven qu’elle ait un autre sparing partner, lui a expliqué Kazumi.
-Ok…
Lotus s’est apprêtée à partir, toute piteuse.
-It moved! s’est exclamée Kazumi en touchant à son ventre.
L’effet a été instantané : Lotus est revenue en courant très excitée.
-It moved! a-t-elle dit. Tu vas bientôt te séparer!
-Tu vas bientôt te séparer? a répété Nico à Kazumi. J’ai hâte de voir ça!
-Si je pouvais bouger, lui a-t-elle répondu, je te frapperais!
-Je peux lui courir après si tu veux? lui aie-je proposé.
-Tu ferais ça?
-Oui.
-Ok!
-Tu veux que je le frappe aussi?
-Non, ça va aller.

Sur ces entrefaites, le sultan est arrivé.
-Oh Kazumi, déesse des flammes, a-t-il dit d’un ton un peu moqueur, it is ready.
Des filles toutes plus (dés)habillées les unes que les autres sont arrivées avec une assez grosse boîte. À l’intérieur, il y avait l’épée en black steel que Kazumi avait commandée.
-Vous avez du red steel? a-t-elle demandé au sultan.
-Malheureusement non.
-On la testera en temps et lieu alors.
Lotus et moi avons ensuite continué à nous entraîner quand soudainement, le plafond a commencé à trembler. Grâce à ses pouvoirs psychiques, Nico nous a tassées, juste à temps pour éviter que les quatre créatures faisant passer les monstres mi-cochon et mi-ours pour des canons de la beauté ne nous atterrissent dessus. Ces quatre… choses étaient concentrées sur Kazumi et ne s’occupaient pas vraiment de nous à moins que nous ne les attaquions.
Le sultan a pris Kazumi par la main et l’a traînée à l’extérieur de la pièce. Il aurait probablement été plus sage de se sauver à leur suite, mais les monstres nous bloquaient la route. Après que Nico en ait fait juter un, il est parti rejoindre Kazumi. Lotus, moi et des gardes du sultan arrivant à intervalles réguliers pour nous prêter main-forte étions maintenant seuls contre les créatures qui restaient. Nous n’étions cependant pas de force égale et c’était évident.
-Hé! s’est exclamée Lotus. Je vous reconnais!
-Tu les connais? lui aie-je demandé.
-They kicked our asses.
Nous nous sommes toutes les deux faites juter et si nous restions plus longtemps.
-Je propose qu’on parte! m’a suggéré Lotus.
-Ok!

Elle s’est transformée en cheval et je suis grimpée sur son dos. Nous nous sommes sauvées dans une direction «X» pour tenter d’échapper aux bibittes qui nous couraient toujours après. Nous sommes arrivées dans une salle où il y avait Kazumi et le sultan. Un des monstres était déjà là et un autre est tombé du plafond.
-Merde! s’est exclamée Lotus. On les a emmenés jusqu’ici!
Il était trop tard pour faire marche arrière, alors nous n’avons eu d’autre choix que de nous battre. Nico a eu l’idée de faire sortir Kazumi par le trou dans le plafond, mais elle est alors devenue encore plus visible pour les créatures, qui ne se sont pas gênées pour lui tirer dessus. Lotus et moi les avons suivis sur le toit : il restait deux bibittes. Nous les avons attaquées, mais Lotus s’est fait mettre knock-out : The cheval is down. Quant à moi, sa chute m’a fait revoler par-dessus bord et c’est avec justesse que j’ai réussi à m’accrocher au rebord.

Le temps que je remonte, Nico avait buté le dernier. Des médecins ont ensuite accouru pour s’occuper de Kazumi, qui était vraiment dans un sale état. Nous nous sommes également faits soigner et je suis ensuite allée me reposer. Durant toute la convalescence de Kazumi, je suis allée la voir le plus souvent possible. Elle a mis du temps à se remettre, mais dieu merci, elle et le bébé allaient s’en sortir. J’avais peur que d’autres monstres comme ceux que nous avions affrontés reviennent, mais on nous a laissés tranquilles. Kazumi a donc pu passer les quatre derniers mois de sa grossesse en paix. Être enceinte lui allait tellement bien, c’était comme si elle embellissait à chaque jour. Elle est tellement chanceuse… J’aimerais pouvoir vivre ce qu’elle vit en ce moment, mais j’ai des doutes que ça arrivera un jour…

Un beau matin, je me suis fait réveiller par Kazumi qui hurlait de douleur. Je suis allée voir dans sa chambre : les contractions avaient commencé. Nico, Lotus ainsi que Pastelle, son infirmière/sage-femme attitrée se trouvaient aussi dans la pièce. Nous essayions de l’encourager du mieux que nous pouvions, mais quand des flammes ont commencé à sortir de son corps, les encouragements n’ont pas eu beaucoup d’effet. Le feu était tellement intense que Lotus a commencé à s’évaporer. J’ai approché ma main des flammes : elles ne me faisaient rien, mais je n’étais pas capable de l’absorber pour autant. Mais que pouvions-nous faire? À cet instant, un papillon rouge est apparu de nulle part et a commencé à voler au-dessus de Kazumi. Oh non, pas elle! Comme de fait, Anna est arrivée et a demandé à tout le monde d’un ton très autoritaire de sortir. Ils n’ont pas trop eu le choix d’obéir, le feu risquant de les consumer de toute façon. Moi? Pas question que je parte!
-Je reste pour support émotionnel! aie-je dit à Anna.
-Fine, you can stay.
Je suis donc allée prendre la main de Kazumi et je l’ai patée sur l’épaule. J’ai ensuite vu le papillon rouge d’Anna entrer dans le corps de Kazumi et c’est comme si toute la tension qui s’y était accumulée se relâchait. Les flammes ont ensuite disparu. Anna? Don’t know, don’t care. Après, les contractions ont repris de plus belle. J’ai jeté un coup d’œil et… Oh mon dieu, je vois la tête du bébé!
-Qu’est-ce que je fais? Qu’est-ce que je fais?
(J’étais en légère panique.)
-Tu le fais sortir, salope! m’a répliqué Kazumi.
-Ok…

Je suis allée me mettre en place et quelques instants plus tard, le fils de Kazumi était dans mes bras. Mais il fallait maintenant couper le cordon ombilical.
-Je fais quoi Kazumi? Je fais quoi?
Heureusement, Pastelle est revenue et s’est occupée de couper le cordon et de nettoyer le bébé. Elle l’a ensuite tendu à Kazumi, qui l’a serré dans ses bras comme si c’était la huitième merveille du monde. Et il avait effectivement l’air de l’être. Il était si petit et si beau. Bon, ses cheveux mauves aux reflets blonds(?) étaient un peu étranges, mais il était tout simplement magnifique. Saï, Saï Kouchrenada. Un beau nom pour un enfant qui l’était tout autant. Nico et Lotus se sont ensuite joints à nous. C’est à cet instant que j’ai remarqué beaucoup d’agitation dans la cour du palais : toute la ville semblait s’y être rassemblée.
-Kazumi, tu es beaucoup aimée ici? lui aie-je demandé.
-Pourquoi?
-Parce que toute la ville est dans la cour.
-Hein?
Lotus est allée vérifier mes dires et quand elle est sortie sur le balcon pour crier que c’était un garçon, tout le monde a poussé des cris de joie.

Kazumi ne comprenait pas pourquoi tous ces gens étaient là.
-C’est probablement parce qu’ils ont aussi vu les signes, a alors dit le sultan qui se joignait à nous.
Il a remis à Kazumi un superbe médaillon aux armoiries d’Hysmaladie pour son fils. Avec ce médaillon, il serait toujours le bienvenu dans ce pays, quel que soit le sultan. Kazumi a aussi reçu un sac de graines (non, pas pour trouver l’amour) qui feraient pousser des arbres n’importe où. Kazumi était toujours aussi perplexe quant à toute l’attention dont son enfant était la cible.
-That’s because he’s a god, a dit une voix qui m’était familière.

C’était En. Comme un seul homme, Nico, Lotus et moi nous sommes placés autour de Kazumi pour la protéger. Il se foutait bien de nous et a commencé à s’avancer. Il s’est incliné devant le fils de Kazumi et a remis à cette dernière un parchemin. Après son départ, je l’ai ouvert : il s’agissait d’un déclaration d’indépendance de l’île aux déesses. Le conseil des mages, que présidait En, laissait en effet maintenant l’île libre de faire ses propres lois. Ok… What the fuck? C’est sûr qu’il y avait une crosse à quelque part, mais dans un cas comme dans l’autre, il faudrait aller remettre ce parchemin à qui de droit sur l’île. Kazumi n’avait vraiment pas l’air d’avoir envie d’y aller, mais moi, ça ne me dérangerait pas. I kind of miss everybody. By everybody, I mean Cédric and Cyrianne. I can’t wait to see their babies. Someone is going to have to restrain me, cause I’m going to spoil these kids to death.

dimanche 18 mars 2007

Raven 23: There is still hope but what the fuck?

Je n’ai finalement plus eu envie de quitter mon amie la bouteille et j’ai continué à boire jusqu’à ce que je m’endorme sur le lit de Dante. J’ai fait un rêve vraiment bizarre. Il y avait un couloir noir et je pouvais voir Dante au bout. J’ai bien évidemment couru vers lui, mais dès que je l’ai touché, il a disparu et ma main a pris en feu. Étrangement le feu était mauve, mais il a fini par devenir rouge. Le couloir noir est devenu une pièce blanche et moi, j’étais complètement en feu. J’ai essayé de faire disparaître le feu, mais il ne faisait que s’intensifier. J’ai entendu des bruits de pas derrière moi : c’était Kira.
-Men! Qu’est-ce que tu fous là?
-If you want him, you can have him.
(Huh?)
Il m’a montré son bras, mais il n’avait plus de gant : son bras était complètement squelettique. C’est sur cette image que je me suis réveillée en sursaut. Encore une fois, tout avait cramé et j’était complètement nue (tabarnak!). Quand je me suis relevée, j’ai failli avoir une crise cardiaque : je portais au bras droit Ifrit, le gant de Kira.
-Quessé ça? …Cédric!

Je me suis rhabillée en vitesse et j’ai couru jusqu’à l’extérieur. Je ne sais pas pourquoi j’ai pensé à Cédric, probablement parce que je savais qu’il allait trouver les mots justes pour me rassurer. Une fois dehors… Je suis donc ben conne! Je ne sais même pas où habite Cédric! Qui pourrait le savoir…? J’ai décidé d,aller faire un tour à la taverne, me disant que quelqu’un le saurait sûrement. Ça sera certainement plus rapide que d’aller cogner aux portes de toutes les maisons de l’île. À l’intérieur de la taverne, une fille était endormie sur le comptoir. Je l’ai pokée doucement pour la réveiller.
-Hein? Salut!
-Salut. Désolée pour le réveil. Vous savez où habite Cédric?
-Oui…
-C’est où?
-Pourquoi vous voulez savoir ça?
-J’ai un truc à lui demander.
-Huh huh…
-Oui… Juste un truc à lui demander.
Sa mini-crise de jalousie passée, elle a fini par me dire où Cédric habitait.

J’ai couru en vitesse jusque là, mais ce n’est pas Cédric qui m’a ouvert la porte, c’est… Lotus?
-C’est le briquet, a-t-elle dit en me voyant.
-Lotus? Tu n’es pas morte?
-Pourquoi tout le monde pense que j’étais morte?
-Parce qu’on a tué l’autre toi. Elle était vraiment chiante!
-C’est vrai! Alors vous avez détruit le miroir?
-…C’est ça!
-C’est qui? a demandé une voix que j’ai reconnu comme étant celle de Kazumi.
-C’est le briquet!
-J’ai un nom!
-…C’est Ravan! a continué Lotus.
-C’est ça! aie-je ajouté avec sarcasme. C’est Ravan!
Une Kazumi endormie nous a rejointes à la porte d’entrée.
-Qu’est-ce que tu veux? m’a-t-elle demandé.
-Cédric est là?
-Non.
-J’ai un petit problème…

Je lui ai montré mon nouveau bras et elle n’en n’a pas cru ses yeux. Elle l’a tiré vers elle pour le voir de plus près.
-Hé!
-Lotus, une scie! a dit Kazumi à cette dernière.
-Hé! C’est mon bras!
-Mais qu’est-ce que…?
Kazumi était aussi perplexe que moi face à la situation. Je lui ai rapidement raconté mon rêve.
-Je ne comprend rien! aie-je continué.
-Tu peux faire sortir du feu d’autre part que du gant? m’a demandé Kazumi.
J’ai essayé et non, je ne pouvais pas, mais du gant, je pouvais en faire sortir sans problème. Le seul hic était que je n’en contrôlais pas l’intensité. Ça allait donc en augmentant.
-Qu’est-ce que je fais pour que ça arrête? aie-je demandé à Kazumi en paniquant.
-Calme-toi.

Éventuellement, le feu a diminué et a fini par devenir blanc. Nous y avons vu les derniers instants de Kira, qui s’était apparemment fait exploser.
-Mais s’il est mort, qu’est-ce que je fais avec ça?
-Raven, a commencé Kazumi, prend soin de ce gant. C’est un vestige du passé.
-Je n’ai pas trop le choix! C’est devenu mon bras!
-Il faudrait que je te montre comment t’en servir.
(J’ai alors eu une idée complètement folle.)
-…Tu crois qu’on peut faire sortir autre chose que du feu de ce gant?
-Commence par faire sortir du feu.
-Oui…Désolée de t’avoir réveillée, je ne pensais pas qu’il était si tard.

Je me suis rendue sur la plage, me disant que je ne risquais pas d’y blesser qui que ce soit si je m’entraînais avec mon gant. J’ai essayé pendant quelques heures, mais sans succès.
-Tabarnak!
J’ai fini par frustrer et une boule de feu est sortie. Une boule de feu qui est allée directement cramer le pantalon d’Edward, qui a dû se pitcher à l’eau pour éviter d’avoir le postérieur complètement brûlé.
-Désolée! Désolée!
-Qu’est-ce que tu fous?
-Je m’entraînais.
-À quoi? À t’exciter? Tu veux t’exciter sur commande pour te battre avec nous?
…Non! Je m’entraînais avec ça!
Je lui ai montré le gant.
-Ce n’est pas…?
-Oui.
-Ça vient d’où?
Je lui ai donné une version extra-résumée de mon rêve.
-Peut-être qu’il t’aimait bien…
-Non! Je voulais le tuer et il le savait!
-Mais ce genre de relation… Tu sais…
-Huh huh… Tu veux que j’aille te chercher un autre pantalon?
-Oui.
Il m’a dit où il habitait (au nord de l’île), mais a finalement décidé de venir avec moi. Je lui ai proposé de lui acheter une autre paire de pantalons (c’était le moins que je pouvais faire), mais il m’a dit qu’il allait s’en acheter une lui-même.
-Ok. Désolée encore pour…
-Ça va.

Je suis retournée sur la plage pour m’entraîner encore avec mon gant et au bout d’un éternité, j’ai fini par être capable de faire apparaître et disparaître du feu à volonté. C’est un début. Il a fini par être dix heures, heure à laquelle Cédric m’avait conviée à aller chez lui pour la réunion au cours de laquelle on déciderait de ce qu’on allait faire. Tout le monde était là. Cyrianne a été aussi surprise que Kazumi de voir mon bras et j’ai donc dû de nouveau expliquer mon rêve.
-Tu peux faire sortir un être vivant de là? m’a-t-elle demandé?
-…Non, mais un jour peut-être.
(Je vais tout faire pour en être capable.)
Kazumi voulait partir en Hysmaladie pour y chercher quelque chose. Elle n’avait aucune envie que son bébé naisse sur l’île. Lotus irait avec elle. Parlant de Lotus, Edward a été plus que surpris de la voir parmi nous.
-Lotus? Qu’est-ce que tu fais là?
-J’étais à Wonderland! Il y avait des cartes qui lançaient des flèches en forme de cœur et aussi des gros champignons! Je me suis battue contre des pions!
(Je n’y comprend rien, mais pourquoi pas?)

Cyrianne (qui a appris qu’elle attendait des jumeaux) restait sur l’île avec Cédric.
-Qu’est-ce que tu vas faire Raven? m’a-t-elle demandé. Tu vas aller en Hysmaladie pour en apprendre plus sur…?
-Je ne sais pas… Je n’en ai vraiment pas envie, mais je pourrais aller voir En. Il pourrait m’en apprendre plus.
-Je ne vous le conseille pas, m’a dit Cédric.
-Il pourrait faire semblant qu’il sait quelque chose alors qu’il ne sait rien, a ajouté Kazumi.
-Je lui parlerai quand je le verrai, m’a dit Cédric.
-Alors… Je crois que j’irai en Hysmaladie.
-I guess I’ll train you in the art of fire then, m’a dit Kazumi.
-Wouhou! me suis-je exclamée.

Alors que la réunion tirait à sa fin, un bateau de pirates a accosté l’île. Fille-chat se trouvait à bord. Il y avait aussi la diseuse de bonne aventure que j’avais vu à l’île aux pirates.
-Je te reconnais! C’est toi qui m’a fait une prédiction!
-Oui. Alors, ça a marché?
-Non.
-C’était qui le gars?
-Aucune idée.
-Il s’est passé quoi?
-Bien des choses!
-Pour 3 pc, tu t’attendais à quoi?
-Tu ne m’a même pas fait payé!
-Justement.

Après que la cargaison fut débarquée, Kazumi, Lotus et moi avons embarqué à bord et nous sommes parties en direction de l’Hysmaladie. Au bout d’un mois, nous avons fini par arriver. Kazumi voulait aller au palais du sultan. Quand les gardes l’ont reconnue, ils se sont confondus en salutations. Ils avaient l’air très impressionnés. Je l’étais aussi. Kazumi semblait être une célébrité locale. J’ai passé le plus clair de mon temps là-bas à m’entraîner en compagnie de Kazumi à maîtriser mon feu. J’ai fini par être capable de faire sortir des flèches de feu quand j’utilisais mon arbalète. Je devais aussi apprendre à me servir de mon bras gauche, car le gant ne me permettais plus d’utiliser le droit pour voler. J’ai aussi passé une partie de mon temps à apprendre à coudre (j’ai choisi cette habileté-là la dernière fois que j’ai monté de niveau alors il faudrait bien que je l’apprenne un jour). Mais mon activité principale est quand même demeurée la maîtrise de mon gant. Je ne sais pas pourquoi que je m’étais retrouvée en sa possession, mais une chose était sûre : j’allais tout faire pour devenir la plus puissante possible pour qu’un jour je sois capable de faire revenir Dante. There is still hope…

mercredi 7 mars 2007

Raven 22: Je l’aimais tellement et maintenant je ne pourrai plus jamais lui dire

Je me suis rendue compte que j’avais non seulement l’épaule déboîtée, mais aussi un os de sorti et le tout pissait le sang. Je n’avais pas si mal que ça avant, mais maintenant que j’avais vu l’état de mon bras, ça faisait vraiment mal.
-Ow.
Cédric et Kazumi se sont mis à deux pour me replacer les os. Malgré tous leurs bons efforts, je souffrais le martyr.
-Tuez-moi quelqu’un!
-Attendez, est intervenu Dante, moi je vais l’aider.
Il a fait la même chose qu’il m’avait faite dans la ruelle : il a fait pression à la base de mon cou et je suis tombée dans les pommes.
Quand je me suis réveillée, plus rien ne dépassait de mon bras, mais j’avais toujours aussi mal.
-Ne t’en fais pas Raven, m’a dit Dante, la douleur veut dire que tu as mal.
-Muuu…
-La douleur va disparaître dans quelques jours, a-t-il continué.
-Muuu…
(Désolée Dante, mais j’ai beaucoup trop mal pour pouvoir apprécier tes tentatives d’encouragements.)
-Ne lui dis pas ça Dante, lui a soufflé Kazumi. Tu devrais plutôt lui dire : la douleur te rappelle que tu es vivante.
Sur ce, Lotus (plus chiante que jamais) et sa bande de suiveux sont arrivés. Lotus voulait absolument se battre tout de suite. Nous n’en avions pas envie, ayant en tête des choses beaucoup plus importantes, genre sauver la fille d’Edward.


Nous n’avons finalement pas eu le choix d’accepter et Nikaïdo (la petite fille de l’île aux pirates), qui servirait d’arbitre, nous a transportés dans un genre de désert, qui servirait de champ de bataille. Les camps du feu et de l’eau étaient chacun de leur côté. Edward lui, était neutre. Miraculeusement, mon bras ne me faisait plus mal; j’allais donc pouvoir me battre. Des formes noires sont apparues des deux côtés. Ça serait les soldats des deux armées.
-Je vous bénis mon armée! a crié Lotus à ses soldats, qui ont pris la couleur bleue et qui semblaient maintenant faits d’eau. Nous avons dit à Kazumi de faire la même chose, mais elle n’en avait pas trop envie.
-Je vous bénis, armée de merde! a alors crié Edward.
Des chapeaux sont apparus sur la tête des soldats qui se trouvaient derrière lui. Kazumi a fini par se laisser convaincre.
-Je vous bénis, bande de caves!
(C’est une façon comme une autre d’encourager!)
Ses soldats semblaient maintenant faits de feu.


Les armées sont ensuite parties chacune de leur côté vers leurs camps respectifs, qui étaient apparus de nulle part. Sitôt arrivés, Kazumi a demandé à Cédric d’aller parler à Lotus, car elle voulait se battre à une contre une avec elle. Je ne voyais pas à quoi ça me servirait de rester debout, alors j’ai décidé d’aller me coucher. Avant de rentrer dans ma tente, j’ai vu Dante qui gossait avec un bout de bois pour passer le temps, mais je n’avais pas envie de me faire lancer encore des vacheries, alors je l’ai ignoré.
Mais avoir su comment les choses se dérouleraient, je me serais pitchée dans ses bras c’est sûr et certain.
Le lendemain matin, c’était finalement le moment tant attendu : le combat final. Nous nous trouvions face à l’armée ennemie quand Dante m’a sifflée et m’a lancé le sniper.
-Je pense que ça te sera plus utile qu’à moi, m’a-t-il dit.
-Oui, t’es vraiment pas doué avec ce qui tire!


Pendant que j’étais en train de pleurer, j’ai tellement regretté de ne pas lui avoir dit quelque chose, n’importe quoi, à ce moment-là, de ne pas lui avoir adressé la parole une dernière fois.

La bataille fut vraiment très intense, soldats de feu contre soldats d’eau et chacun des élites des deux «généraux» se battant contre son alter ego : Cristelle contre Shar, Dante contre l’homme-lézard, l’écureuil (ou le renard? En t-k, la bibitte à poil!) contre Vinos la méduse. Kira aurait dû affronter Théodore, mais ce dernier n’était nulle part en vue. Je me demande où il est…? Les bleus et les rouges semblant très occupés à se massacrer mutuellement, j’ai tourné mon attention vers les combattants principaux. Dante n’était pas en difficulté, mais je n’ai quand même pas pu m’empêcher de lui jeter des regards du coin de l’œil. J’aurais voulu buter Vinos (non, pas parce que c’était la cible la plus facile) pour aider l’écureuil tout mignon de Kazumi, mais j’aurais risqué de toucher ce dernier. J’ai donc essayé de buter Shar, mais je l’ai raté d’aplomb.


Kazumi était très mal en point et j’ai été tentée de tirer sur Lotus pour lui prêter main forte, mais je savais qu’elle ne me le pardonnerais jamais. Dieu merci, Cédric est allé la healer. Lotus était loin de se laisser décourager et elle a fait apparaître un gigantesque tsunami. Muuu… J’ai survécu, mais j’étais trempée jusqu’aux os. Dante s’est ensuite levé, suivi des autres soldats de Kazumi, et ils lui ont tous prêtés leurs pouvoirs. Elle est devenue berserk (comme dans le bar, quand je lui avait tirée dessus par accident) et a rapidement et facilement plantée Lotus. Mais elle a été incapable de porter le coup final. Lotus lui a dit qu’elle n’hésiterait pas, qu’elle reviendrait encore et encore jusqu’à ce qu’elle la tue. Coup de théâtre : Théodore est apparu derrière Lotus et a dit qu’il ne la laisserait pas faire. Il a ensuite plantée son épée dans son corps et elle s’est écroulée par terre. Ce n’est qu’à ce moment que j’ai remarqué que ses épées (il en avait une 2e) étaient rouges : c’était les mêmes que lorsqu’il était possédé par Xélotha. Et merde…


Edward a bien essayé de retenir son frère, mais Théodore s’est tout simplement excusé et a disparu dans un portail au bout duquel nous avons vu Hermalaïone. Il a préféré vendre son âme pour faire disparaître celle qui n’était pas la Lotus qu’il aimait. Kira a ensuite dit à Kazumi que tout était finalement terminé et qu’elle avait raison de ne pas lui faire confiance, car c’était lui qui avait organisé cette guerre du feu et de l’eau. Ça n’a pas plus à Dante, qui ne s’est pas gêné pour dire à Kira ce qu’il pensait. Kira l’a tout simplement saisi par le cou et j’ai vu le regard de Dante passer de la colère à être horrifié.
-Non, pas maintenant! a-t-il crié à Kira.
Je n’aurais jamais cru avoir aussi mal à nouveau : Kira a fait disparaître Dante dans un jet de flammes mauves et j’ai su que je l’avais perdu. J’ai regardé le restant de la scène d’un regard assez distrait. Les autres soldats de Kazumi ont subi le même sort que Dante, Chaque flammes sortant de leur corps allant se planter dans le collier que Kazumi portait. Elle s’est ensuite tordue de douleur et des gouttes de sang se sont échappées de son corps pour aller dans le gant de Kira. Quand ce fut terminé, des flammes mauves sortaient du gant de Kira, qui a simplement dit :
-Now, I am a god.


J’ai repris mes esprits à cet instant. You son of a bitch! Tu m’as enlevé Dante! Pourquoi? Pourquoi?! J’était tellement furieuse que j’ai couru vers lui, plus pour le tapocher que lui demander des explications, mais il a disparu dans un portail avant que je ne réussisse à l’approcher. Après, Nikaïdo nous a téléportés directement à l’île aux déesses. This can’t be happening to me. I lost him forever, I lost the person who mattered the most to me. Mon cœur était brisé et je sentais une boule d’émotion de plus en plus grosse se former dans ma gorge. Je savais que j’était en train de pleurer, alors j’ai préféré m’éloigner en courant du groupe avant que le déluge ne se déchaîne. Car je savais bien qu’une fois que je me laisserais aller, je n’arrêterais plus. Sans même m’en rendre compte, mes pas m’ont poussée à la maison de Mana, directement à la chambre de Dante. Je me suis revue en train de frapper à sa porte pour aller prendre de ses nouvelles, lors de cette fameuse nuit que nous avons passé ensemble.
Je savais que je ne trouverais pas Dante de l’autre côté et c’est donc avec beaucoup d’hésitation que j’ai poussé la porte.
Il était en train s’entraîner. J’ai profité que nous étions seuls pour parler un peu avec lui.
Plus jamais je ne parlerais avec lui.


J’ai arrêté il y a longtemps de compter les vacheries qu’il m’a dites, mais aujourd’hui je donnerais n’importe quoi pour l’entendre me traiter d’elfe. Et que dire de sa manière bien à lui qu’il avait de me complimenter?
-Ta robe te va bien… pour une elfe.
-Merci de m’avoir aidé hier… mais ne recommence plus. C’est humiliant de se faire aider par une elfe.
-Au fait, c’était cool ce que tu as fait pour les enfants. Je m’en fous, mais c’était cool.
Je me suis assise par terre le dos accoté contre le lit et j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. God I miss him so much!
Il m’a serrée contre lui et a commencé à se montrer plus entreprenant, ses mains caressant mon dos et me pressant de plus en plus serré contre lui.
Plus jamais je ne l’embrasserais, plus jamais je ne sentirais ses mains sur mon corps. Je regrettais tellement de ne pas être allée le voir la veille de la bataille. Si je l’avais fait, nous aurions eu un autre moment ensemble. I would give so much for another moment with him, for one last moment.


Dante s’est tourné vers moi et m’a serrée dans ses bras.
-Ne t’en fais pas : il ne t’arrivera rien.


Je me suis écroulée par terre et j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Il m’a ensuite serrée dans ses bras et m’a frotté le dos jusqu’à ce que je me calme.


-Tu crois être qui pour oser toucher ma femme?


-Sais-tu à quel point c’est dur pour moi? Alors décroche.


C’est pour ça que je suis tombée amoureuse de lui, à cause de toutes ces petites attentions qu’il avait pour moi. Je me souviens que j’étais tellement heureuse quand il m’avait offert la bague, je l’avais trouvé si gentil de s’être donné tant de mal pour moi. Et je n’ai même plus la bague aujourd’hui, il me reste seulement la lettre qu’il m’avait écrite. Je me suis par la suite demandé s’il n’avait pas fait tout ça juste pour me garder près de lui. Kira m’a dit que Dante allait vers moi juste parce que c’était son gant qui m’avait modifiée. Sur le moment, je n’ai même pas pensé à douter de sa parole. Je me disais que ça expliquait bien des choses, mais aujourd’hui… Foutu Kira! Pourquoi m’avoir donné le choix de ramener Dante si c’était pour me l’enlever aussitôt? Il s’est vraiment foutu de ma gueule! Ou peut-être qu’il voulait me donner une chance d’être heureuse avec Dante puisqu’il savait ce qui s’en venait… Je ne sais pas et ça n’a plus d’importance : Dante n’est plus là et si je me retrouvais en face de Kira, je jure que je ferais tout pour le tuer!


-Tu n’es pas censé être dégoûté par les elfes?
-T’as raison! Ta gueule l’elfe!


L’elfe… Je tuerais pour l’entendre à nouveau l’elfe, pour être son elfe… Je regardais la porte et je l’imaginais très bien arriver d’un instant à l’autre et me dire : Qu’est-ce que tu fous dans ma chambre l’elfe? À vrai dire, je tuerais pour l’entendre me dire n’importe quoi. Je dois avouer que j’ai eu envie de l’étrangler à plus d’une reprise pour toutes les conneries qu’il m’a dites, mais pour entendre à nouveau le son de sa voix, j’endurerais n’importe quoi. Je ne sais pas s’il tenait à moi, il ne me l’a jamais dit. J’ai tant espéré qu’il le fasse, mais mon espoir ne s’est jamais concrétisé et ne se concrétisera jamais d’ailleurs. Il y a tellement de choses que j’aurais voulu lui demander : M’as-tu déjà aimée, même rien qu’un peu? Pourquoi tu ne m’a pas tuée dans la ruelle dans la capitale? Pourquoi tu voulais que je te tire quand on était au barrage? Une chance que je n’ai pas eu à lui donner d’explications sur ce dernier point, car il m’aurait sans aucun doute traitée de conne pour avoir cru les paroles d’une diseuse de bonne aventure. Je ne sais pas si je l’ai été, mais je pense que ses prédictions devaient vraiment concerner Kira, car si je l’avais tiré, par chance touché et par miracle tué, c’est Lotus-la-chiante qui aurait gagné cette guerre feu versus eau et ça, ça aurait voulu dire la fin de monde. Traitez-moi d’égoïste si vous voulez, mais si j’avais décidé d’aider Dante en fin de compte et que j’avais su les issues possibles du combat, je crois que j’aurais quand même tiré. Je suis désolée, mais j’aime… j’aimais cet homme et le reste du monde pouvait bien aller se faire foutre si ça avait pu me permettre de rester avec lui.

J’étais en train de repenser à tous les moments que j’avais passés avec Dante, en pleurant toutes les larmes de mon corps quand on a cogné à la porte. C’était Cédric.
-Quoi?
-Ça va? m’a-t-il demandé.
-…Il n’y a personne! lui ais-je crié à travers la porte.
-Je peux entrer? m’a-t-il demandé en entrouvrant la porte.
-Tu as déjà ouvert la porte, alors vas-y fort!
-Si vous ne voulez pas…
-…Non, ça ne me dérange pas que tu viennes.
Il est entré dans la chambre et s’est assis à côté de moi. Je tentais tant bien que mal d’essuyer mes larmes (je en voulais pas qu’il me voit dans cet état), mais j’était totalement incapable de m’arrêter de pleurer. Cédric m’a tapoté l’épaule pour m’aider à me sentir mieux et dès qu’il m’a touchée, je me suis accrochée à lui et j’ai continué à pleurer comme si c’était la dernière chose que je faisais. Cédric a vraiment été adorable, me frottant le dos jusqu’à ce que je me calme.
-Ça va aller…
-Comment ça pourrait aller? Il n’est plus là! Tous ce qu’il me reste ce sont des souvenirs!
-Ce n’est pas vrai. Vous n’êtes pas toute seule, vous avez des amis.
-(Huh?)…Comme qui?
-Moi…Kazumi, Cyrianne…


Cédric essayait tant bien que mal de me remonter le moral, mais il n’était pas très doué. Il a quand même réussi à me faire sentir un peu coupable de m’apitoyer ainsi sur mon sort quand il a mentionné Caliane, mais ce n’était pas assez pour m’enlever l’envie de tout oublier.
-Je pense que je vais aller boire, lui ais-je dit avant de sortir de la pièce.
Cédric m’a suivie partout dans la maison pour essayer de me convaincre de ne pas me soûler, car je ne serais utile à personne ainsi. Il a fini par se résigner.
-Très bien. Buvez, buvez tant que vous voulez, mais vous ne pourrez pas aider Caliane dans cet état.
Il est ensuite parti. Moi j’ai pris une bouteille de boisson quelconque et je suis retournée dans la chambre de Dante. Et j’ai bu, mais pas autant que ce dont j’avais envie, car les paroles de Cédric m’avaient vraiment atteinte. Bien sûr que je veux sauver Caliane, elle est trop adorable. Mais tout le monde dans le groupe est plus fort que moi, alors comment je pourrais être utile? Quoique… Kazumi a déjà essayé de jouer au lancer de la bombe avec moi, alors peut-être que… Avant que vous ne le pensiez, non, je ne suis pas suicidaire, mais je n’ai pas l’intention de faire d’efforts supplémentaires pour rester en vie. Je n’ai plus de raison de le faire. J’ai regardé ma bouteille et je l’ai déposée à côté de moi. Je vais aller voir Cédric et lui dire que je vais venir avec eux pour sauver Caliane. Mais si par miracle je survivais à cette mission, je crois que je vais m’éloigner un peu. Je n’ai plus envie d’être près des gens et de m’attacher à eux pour les perdre aussitôt. J’en ai plus qu’assez, ça fait trop mal. Je connais Cédric, il va probablement essayer de me faire changer d’avis, mais il perdra son temps. Car je ne vois aucune raison qui pourrait me donner envie de rester…

mercredi 28 février 2007

Raven 21: The cutest little girl I’ve ever met

Bon bien, ça ne sert à rien de rester dans le groupe des indécis puisque je sais déjà dans quel camp je me range. Je suis donc allée du côté du feu. Lotus a dit que la guerre allait enfin pouvoir commencer.
-On ne pourrait pas oublier toutes ces histoires? lui a demandé Cédric.
-Non, sinon quel aurait été le point de rassembler les soldats?
-Quels soldats? a demandé Kazumi. J’ai juste des incompétents!
Lotus a dit que le combat n’aurait pas lieu ici et a ensuite demandé à ses soldats de l’emmener jusqu’à sa cabine. Ils l’ont emmenée sur leurs épaules.
-Quelle prétentieuse! me suis-je exclamée.
-Pourquoi personne ne fait ça pour moi? a demandé Kazumi.
-Je veux bien te prendre par la main pour t’amener jusqu’à ta cabine, lui ais-je dit, mais je ne suis pas assez forte pour te prendre.
-D’accord! est intervenu Dante en prenant Kazumi dans ses bras. Voilà, oh déesse!
Kazumi l’a aussitôt punché pour qu’il la lâche.
-Touche-moi pas, espèce de pervers!

Kazumi est allée parler à Edward, Kira a demandé à Cédric de choisir un camp (il s’est fait servir un doigt d’honneur) et Dante est venu me voir.
-Pourquoi t’es de notre bord?
-À cause de l’autre tapon (Kira)! Il m’avait demandé d’être de votre côté pour pouvoir te ramener.
-T’as accepté? T’es complètement fêlée!
(Je l’étais à ce moment-là, parce que j’entretenais encore l’espoir que tu avais des bons côtés et qu’on pourrait être ensemble.)
-Je voulais te ramener! Tu étais mouru, juté par terre!
-Je suis mort des dizaines de fois et il n’y a jamais eu de problème!
-(Quand est-ce que tu vas comprendre que tu es mortel maintenant?) Laisse donc faire!
-Ben, c’est cool, mais… what the fuck?
Il a regardé vers Kira. À la place de Cédric, il y avait maintenant un petit tas de cendre.
-Qu’est-ce qui t’as pris? lui a demandé Dante. T’étais pas obligé de le tuer!
-Je ne l’ai pas tué, je l’ai juste envoyé ailleurs.
-…Oh.
-Tu peux me lâcher maintenant?

Je n’étais pas intéressée à la suite de la conversation, alors je suis rentrée à l’intérieur pour déposer mes affaires et je suis aller m’entraîner sur le pont avec mon arbalète. Quand j’ai vu Kazumi et Cyrianne se hugger un peu plus loin, j’ai préféré rentrer pour ne pas les déranger. Je suis allée aux cuisines pour bouffer et pendant que j’étais assise, le roi des crétins est venu s’asseoir en face de moi.
-Oui…? Tu veux quoi? lui ais-je demandé.
Il m’a tendu une boîte de balles pour le sniper que j’avais toujours dans mes affaires.
-Tu veux que je fasse quoi avec ça?
-Tu veux toujours m’aider?
-…Non.
-Alors donne-moi le sniper pour que je demande à quelqu’un d’autre de le faire!
-Pourquoi tu ne le fais pas toi-même?
-Donne-moi ton arbalète.
-Euh, non.
-Tu veux vraiment que je te montre pourquoi je ne peux pas le faire moi-même?
-Euh, oui.
-Donne-moi ton arbalète.
Je me demandais bien ce qu’il voulait en faire, mais je lui ai quand même tendue. Il l’a pointée droit sur mon visage et a tiré : la flèche est allée se planter dans le plafond.
-Pfft! Je ne ris pas, je ne ris pas. Désolée, mais c’est vraiment pathétique.
Pate, pate.
-Oui, bon. J’ai le même range que toi, mais toi tu pognes.
(Fuck you!)
Je l’ai frappé, mais il n’a eu aucun mal à éviter mon coup.
-Alors, tu vas m’aider?
-Pourquoi je voudrais t’aider?
On pourrait enfin quitter ce groupe! Moi je retournerais à ma vie de débauche et toi… à ta vie d’elfe!
-Non.
-Alors donne-moi le sniper.
Je lui ai donné et il est parti. Comme il était environ 1 heure du matin, je suis allée me coucher.

Quand je me suis levée, je suis allée prendre un bain, grignoter un petit quelque chose et je suis allée prendre l’air sur le pont. J’y ai vu Edward, qui avait l’air perdu dans ses pensées.
-Ça va Edward?
-Oui, mais Cédric lui…
-Je sais qu’il était décrissé hier, mais…
-Aujourd’hui aussi.
-Il est revenu?
-Il était parti?
-Kira a fait «pouf» et il y avait un petit tas de cendre à la place de Cédric.
-C’était Kira? L’osti de Kira! Il a déjà commencé les offensives! Je vais aller lui parler!
-Oui, vas-y! Vas le buter! Ça va faire plaisir à Dante!
-Je ne veux pas faire plaisir à Dante!
-Alors, fais-le pour toi! Va le buter! Ça va te faire du bien!
-Tu ne serais pas en conflit d’intérêt?
-Hé! Je suis de son côté! Ça ne veut pas dire que je l’aime! Alors, vas-y fort!

Après avoir refusé que j’aille l’encourager avec des pancartes, il est parti à l’intérieur et Kazumi est arrivée. Elle a demandé à son renard (ou est-ce un écureuil?) d’aller chercher les autres. Le renard est revenu en traînant Dante par le collet.
-Hé! Laisse-moi tranquille!
(Ça c’est vraiment pathétique!)
Le reste du groupe du feu est arrivé, suivi d’Edward, qui avait l’air assez découragé
-Ça va? lui ais-je demandé.
-Je sens le bordel!
-On est là! C’est sûr que ça va être le bordel!
-Moi y’a juste une sorte de bordel qui m’intéresse!
-…T’inquiète, ça va venir!
Kazumi a décidé de se battre contre Lotus, mais voulait le faire seule. Kira a dit qu’eux s’occuperaient des soldats de Lotus. Je le demande encore, je vais être utile comment moi?
-J’espère que vous allez tous partir après? a demandé Kazumi.
Dante n’avait aucun problème avec ça.
-Tu ne veux plus nous voir? lui ais-je demandé.
-Je vais tuer ma meilleure amie, alors non!
-(Je ne savais pas que ça l’affectait autant.) Euh… désolée?
-T’as qu’à prendre Raven pour nouvelle meilleure amie! lui a dit Dante. Elle n’est pas farouche pour deux cents!
-Shut up! lui ais-je répliqué. Bon, je vais aller en ville. Tu m’appelleras quand tu auras besoin de moi.
-Dans à peu près trois minutes, m’a répondu Kazumi avant de rentrer à l’intérieur pour parler à Lotus.
Mmmm… Est-ce que j’ai envie d’attendre? …Non pas vraiment, alors fuck it!

Je suis donc allée faire un tour en ville. J’avais un besoin très pressant d’argent. C’est assez dur de garder mes finances en état quand mon stock crame à peu près à chaque semaine! Il fallait que je trouve quelqu’un d’assez riche à plumer, mais d’assez discret aussi.
-Je suis riche, mais pas important! Je viens de faire un héritage!
Mais c’est qui ce crétin? Je n’ai eu aucun mal à lui voler sa bourse et j’allais compter mon magot quand j’ai foncé dans quelqu’un, une petite fille.
-Vous ne pourriez pas regarder où vous allez?
-Désolée, me suis-je excusée.
Elle est vraiment mignonne, mais son chapeau… Ça ressemble au chapeau d’Edward en miniature.
-Ça ressemble au chapeau d’Edward, lui ais-je dit.
-Oui! m’a-t-elle répondu en s’éloignant.
Je me demande qui elle est… Peu importe!

Je lui ai tourné le dos pour finalement compter le contenu de ma bourse. Ma bourse! Elle est où? …La petite maudite! Je n’ai eu aucun mal à la repérer grâce à son chapeau. Je lui ai courue après et je l’ai agrippée par le collet.
-Où est ma bourse?
-Quelle bourse?
-Celle que tu m’as volée!
-Ce n’est pas ma faute si tu es assez poche pour te la faire voler! Elle est à moi maintenant!
J’ai pris son chapeau et je l’ai balancé au bout de mes bras. Elle semblait y tenir, alors je me suis dit que ça la déciderait peut-être à me dire où était ma b… Never mind! La bourse était cachée sous son chapeau. J’ai lâché la petite et j’ai repris ma bourse.
-Hé! a-t-elle protesté. Elle est à moi!
-Oups. Je l’ai revolée, alors elle est à moi maintenant!
-Alors je vais garder ça?
Elle avait mon arbalète en main.
-Hé!
-Et ça aussi?
Dans son autre main, elle avait une de mes petites culottes. Comment elle a fait pour aller chercher ça dans mon sac à dos? Sans lui redonner la bourse, j’ai repris mes affaires.
-Hé! Je veux ma part!
You got to give it to the kid, she’s good. Je lui ai donné une des douze pièces de platine que j’avais si durement gagnées.

-Merci. Alors, tu connais mon père?
-Ton père?
-Edward. Edward Kouchrenada Junior.
-Junior?
-Oui, il y en avait un autre avant.
-(Information qui se rend au cerveau… Junior a une fille?) Edward est ton père?
-Oui.
-Moi c’est Raven.
-Caliane.
-Enchantée.
-Enchantée. Alors, tu es sa petite amie?
-Quoi? Non! C’est juste un ami.
-Pourquoi?
-Je ne le connais pas assez et ça ne marcherait pas entre nous, l’atmosphère était trop enflammée.
-Je ne comprends pas.
-Je t’expliquerai quand tu seras plus grande.
-Je ne suis pas petite! J’ai dix ans
-…C’est vrai.
-Ma mère dit que tous les hommes sont des pervers et que mon père est un serpent avec une langue fourchue qui porte à gauche. Qu’est-ce que ça veut dire?
Je ne vais certainement pas m’embarquer dans ce genre de discussion avec une fillette de dix ans! J’ai donc seulement haussé les épaules en voulant dire que je l’ignorais.
-Moi je suis un accident, m’a-t-elle dit.
-…Ce n’est pas grave si tu es un accident. Je suis sûre que tes parents t’aiment.
-Ça ne me dérange pas d’être un accident. Je sais que ma mère m’aime, et je crois que mon père m’aime bien. Toi, tu es un accident?
-Non, je ne crois pas.

-Tu veux m’aider à chercher mon père? m’a-t-elle demandé.
-Ok. Tu as une idée où il pourrait se trouver?
-Au Red Light.
-(Oh, quartier de putes) Je ne pense pas que ce soit une bonne idée que tu ailles dans un endroit comme ça.
-Mais ma maman dit qu’il y va souvent pour essayer de remettre les gens dans le droit chemin.
-…Oui, je suis sûre que c’est ce qu’il va faire. Allons-y.
Je vais rester avec elle, alors tout devrait bien se passer. Dans le fameux quartier Red Light, beaucoup de gens à réformer, mais aucune trace d’Edward.
-Hé l’elfe! m’a interpellée un homme. Tu as envie de…?
(Je vous épargne les détails de sa proposition.)
Lancer de la roche.
-Ow!
-Qu’est-ce qu’il voulait dire? m’a demandé Caliane.
-Hé les filles! a crié un autre. Vous voulez…?
Lancer de la roche.
-Ow!
-Ne les écoute pas, ais-je répondu à Caliane. Les gens ici sont un peu fous.
-Hé petite! a dit un homme à Caliane. Tu…
Il n’a même pas eu le temps de finir sa phrase que Caliane lui lançait une roche.
-Je voulais juste te demander l’heure!
-Ne m’approche pas! Espèce de vieux cochon vicieux! lui a-t-elle répliqué.
-(I like this kid.) Je viens juste de te rencontrer, mais je t’aime bien.
-Je t’aime bien aussi.
-Tu sais à quel autre endroit on pourrait le trouver?
-Oui, j’ai une idée.

Je l’ai suivie dans la ville, jusqu’à un orphelinat. Huh? Nous sommes entrées et elle a remis la pièce de platine que je lui avait donnée à la femme qui s’occupait de l’endroit.
-L’orphelinat pour les enfants modifiés vous remercie.
Elle est trop adorable! Elle vole pour donner à un orphelinat! Ma conscience n’a pas pu résister et j’ai donné deux pièces de platine à la femme.
-Merci. À bas les mages!
-Vous savez… Ils ne sont pas tous si pires que ça.
-Ils devraient tous crever! Surtout ceux aux cheveux bleus!
-Ça dépend…
Je n’avais pas envie de m’embarquer dans une discussion sur le pour et le contre de l’existence des mages, alors je suis repartie avec Caliane.
-Alors, tu veux aller où? lui ais-je demandé à la sortie.
-…L’école! La cloche va bientôt sonner! Il faut que j’y aille!
(Dommage, j’aurais aimé passer plus de temps avec toi.)
-Tu veux venir? On va peut-être voir mon père!
-Ok!

Je l’ai suivie jusqu’à une école pour jeunes filles du quartier huppé et quelques instants après qu’elle soit entrée, la cloche a effectivement sonné. Pendant que les enfants sortaient, Edward est arrivé, accompagné d’une femme que je ne connaissais pas (probablement la mère de Caliane). Je ne voulais pas causer de problème à la petite, alors j’ai fait semblant de me promener, pour que ma présence ait l’air au moins un peu subtile.
-Salut Edward!
-Qu’est-ce que tu fais ici? m’a-t-il demandé.
-Je me promenais.
-Je vois… Tu cherchais des… ressources.
-…C’est ça.
-Pauvres…
-Oui, l’ais-je interrompu. C’est le mot : pauvres.
Je me suis ensuite tournée vers la femme à ses côtés.
-Raven, enchantée.
-Mierta, enchantée.
Après m’avoir serré la main, elle a regardé Edward.
-An elf, huh?
-Quoi? me suis-je exclamée. Non! On est juste amis!
Edward semblait aussi embarrassé que moi, mais il semblait avoir envie de fournir une explication à Mierta. Je lui ai clairement fait comprendre qu’il n’en était pas question.
-Tu lui dis et je t’appelle junior! l’ais-je menacé.
-Quoi? Comment tu es au courant de ça?
-Euh…

Avant que je ne lui réponde, Caliane est sortie et au moment où elle accourait vers ses parents, une créature semblant faite en métal est tombée du ciel et s’est placée entre nous et la petite. c’était le même genre de gargouille que nous avions vue dans le village sous la maison à l’île aux pirates. Il ne nous a même pas regardés et s’est dirigé droit vers Caliane, qui était très apeurée. Edward et Mierta se sont immédiatement pitchés dessus, mais les coups qu’ils lui assenaient semblaient se refermer presque aussitôt. Je savais bien que ça serait du suicide si je m’attaquais aussi à la créature, alors j’ai fait la seule chose que je pouvais faire : j’ai couru vers Caliane avce l’intention de la prendre dans mes bras pour l’emmener le plus loin possible d’ici. Je me suis mise à courir, mais je n’ai pas fait deux pas que Mierta, qui terminait un vol plané gracieuseté de la gargouille, m’a plaquée par terre.
-Ow.
-Ça va? m’a-t-elle demandé.
-Oui.
Je me suis remise debout et je me suis rendue jusqu’à Caliane, que j’ai prise dans mes bras.

Le monstre semblait bien déterminé à s’emparer d’elle et avançait toujours dans notre direction. Muuu… Je vais tellement mourir... Je savais que c’était la mort assurée pour moi et je crevais de peur, mais je me suis quand même préparée à attaquer. À cet instant, le reste du groupe est arrivé.
-Raven! a crié Dante en se pitchant sur le monstre.
Le nouveau meilleur ami de Caliane a été distraits par les nouveaux arrivants et nous a laissé quelques instants de répit. Kazumi et Dante étaient en feu (sans vouloir faire un mauvais jeu de mot) et quand j’ai vu qu’ils allaient lancer une méga attaque combinée, j’ai couru dans la direction opposée avec Caliane toujours dans mes bras, car rester sur place signifiait être brûlées au 28e degré assurément! La gargouille s’est faite envelopper d’une colonne de flammes, mais à part ses ailes qui ont fondu et le reste de son corps qui était légèrement abîmé, elle est sortie du feu intacte et a continué à se diriger vers nous. Je ne savais vraiment pas ce que je pouvais faire d’autre à part rester avec Caliane pour la rassurer, alors je l’ai tout simplement gardée dans mes bras.

Quand la gargouille est arrivée devant nous, elle nous a saisies à bras-le-corps. J’étais relativement habituée à la souffrance, mais pas Caliane, qui a hurlé de douleur au contact du métal brûlé contre sa peau. Je ne pouvais pas me servir de mes armes, mais je ne supportais pas de voir la petite crier. Je me suis donc débattue le plus que je pouvais pour tenter de lui faire lâcher prise. Mes coups ne lui faisaient absolument aucun effet et comble de malheur, ses ailes ont repoussé. Oh, oh. Comme je ne l’intéressais pas le moins du monde, il m’a saisie par le bras et m’a fait lâcher prise. Juste par la douleur assez épouvantable que je ressentais, je savais que mon épaule était déboîtée. Sans faire de cérémonie, il m’a balancée au bout de ses bras. Je vais avoir tellement mal! Le sol s’est rapproché un peu trop vite à mon goût et j’ai prié que mon bras soit épargné, mais avant que je ne fasse «sproutch» par terre, Dante m’a attrapée. En temps normal, je lui aurais tout de suite demandé avec mon poing de me lâcher, mais j’avais trop mal et j’étais trop contente de ne pas avoir fait «sproutch» pour dire quoi que ce soit. Pendant ce temps, la gargouille s’était envolée avec Caliane et Mierta était dans tous ses états. Je suis désolée de ne pas avoir fait plus Mierta, mais je vous promet une chose : je suis peut-être la plus faible de ce groupe, mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous ramener votre fille saine et sauve.

dimanche 18 février 2007

Raven 20: Je suis perturbée, je suis toujours en vie et je vais partir à la guerre… Muuu!

Quand je me suis réveillée, j’étais seule dans la chambre. Tant mieux, comme ça ça m’évitera d’essayer de me pousser en douce sans que Dante me voit. Non, s’il avait toujours été là je ne me serais pas de nouveau jetée sur lui. Aussi géniale qu’elle était, la nuit passée ne doit plus jamais se reproduire. Je ne nie pas que j’aurais sans doute beaucoup de difficulté à lui dire non (c’est d’ailleurs en partie pour ça que j’espérais ne pas le voir ce matin), mais jamais je ne serai capable de décrocher des sentiments que j’éprouve pour lui si je retombe constamment dans ses bras. Vous voyez? Je ne suis même pas capable de parler au passé! Et pourtant il le faut. Allons Raven, un peu de volonté! La nuit passée n’était pour Dante qu’une bonne partie de jambes en l’air et aussi l’occasion pour lui de recharger son feu, c’est tout. Il se fout de moi, alors moi aussi je dois me foutre de lui. Je peux y arriver. Après tout, ça ne devrait pas être trop difficile. Sauf si je me retrouve enfermée dans une pièce avec lui…

Il était environ 11h. Il fallait que je me lève et que je retourne à la planque. J’ai réussi sans trop de difficulté à m’asseoir sur le lit, même si mon dos me faisait toujours souffrir. J’y ai jeté un rapide coup d’œil : il était assez massacré. Pas question que je rentre comme ça. Je suis donc allée prendre mon bain en espérant que ça ferait partir un peu mes marques et après m’être rhabillée (une chance que j’ai acheté deux robes de surplus!), je suis partie pour notre cachette. Tout le monde s’y trouvait déjà et c’était le branle-bas de combat pour notre opération de ce soir. Dante était sur le divan, en train de récupérer de sa nuit mouvementée d’hier. Il avait la tête penchée par en arrière et j’ai remarqué un gros suçon sur son cou(J’y ai été vraiment fort!).
-Cache ton cou! lui ais-je chuchoté.
Il a aussitôt relevé le col de sa chemise.
-Pas grave! m’a-t-il répondu. Ils sont tous au courant de toute façon!
-(Tu ne pouvais pas te la fermer?)Ta gueule!

Je suis allée manger mon trio de TrollDonald pendant que Kira disait que l’équipe B, qui consistait de tout le monde sauf Nico, Kazumi, Cédric, Cyrianne et lui-même devait se rendre au pont pour 7 heures pour amener un chargement de putes. Nous avons passé le restant de la journée à vedger en regardant l’horloge. Vers 6h30, Anna est sortie de la chambre vêtue d’un kimono.
-T’es mignonne, l’ais-je complimenté. Il y a d’autres kimonos dans le garde-robe?
Au lieu d’un kimono, elle m’a tendu une robe, ou plutôt un bout de tissu qui criait «robe de pute» à des kilomètres à la ronde. J’ai donc pris mon bout de tissu et je suis allée dans la salle de bain pour l’enfiler. Ça ne devrait pas prendre beaucoup de temps! J’étais en train de me changer quand la porte s’est ouverte : c’était Dante. Malgré la nuit passée, je n’ai pas pu m’empêcher de remonter la robe au-dessus de ma poitrine.
-Écoute, a-t-il commencé, j’ai juste une chose à te dire : You be careful tonight.
-…Huh?
-That is all.
Il est ressorti de la salle de bain.
-…Je suis perturbée…
Pourquoi il me demande de faire attention? Il s’en fout de toute façon!
Je suis ensuite allée retrouver les autres et Kazumi a fait un superbe speech d’encouragement. Elle a dit que c’était un travail d’équipe et que mourir n’était pas une option. On s’est ensuite tous serré la main en se promettant de faire de notre mieux. C’est à ce moment que quelqu’un a lancé «Crimson knights». Je pense que c’est le nom qu’ils donnent à leur groupe.
-Mais c’est quoi «Crimson knights»? ais-je demandé.
-C’est pas important! m’a répondu Kazumi. Dis-le et tu seras payée!
-…Ok. Crimson knights!
(Je n’y comprend rien, mais peu importe!)
-Faites attention, m’a dit Cédric avant que nous nous séparions.
-Toi aussi.

L’équipe B est ensuite partie avec son chargement de putes pour le pont. Au barrage, Edward a joué au pimp et a dit aux gardes qu’il amenait des putes et que c’était gratuit.
-J’y crois pas! lui a répondu un garde. Y’a rien de gratuit!
-…C’est le chef qui nous envoie, a continué Edward, pour vous récompenser pour votre dur travail. Vous allez voir, ce sont de vraies bombes! Elles vont vous enflammer!
(Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens visée par ce qu’il dit!)
Nous avons fini par entrer à l’intérieur et les 15 gardes qui se trouvaient là nous ont observées avec beaucoup d’attention.
-Hé l’elfe! m’a dit l’un d’entre eux. Tu veux te payer un extra?
-(Au secours!) T’as quoi en tête?
-Moi et mes trois bites modifiées…
-(Muuu! Au secours!) Je n’ai jamais fait ça avec un type à trois…
-Les gars! a alors crié Dante. Si vous voulez un spécial, une orgie avec l’elfe, c’est le temps!
Non mais tu es vraiment con! Je ne veux pas me taper une orgie avec des gardes moi! À mon grand désespoir, dix gardes se sont montrés très intéressés et m’ont entraînée vers le baraquement. J’ai lancé un regard quelque peu désespéré au groupe. Au secours… Avant que je ne me retrouve seule avec mes dix nouveaux amis, quelque chose m’a piquée dans le bas du dos, là où il y a mon point sensible. De quessé?

Je n’ai pas eu le temps d’y porter trop attention, car la porte s’est refermée derrière moi. Avant que les gardes ne se jettent tous sur moi, tout a cramé, meubles et gardes compris. Et ça n’était pas parti pour arrêter.
-Euh…Dante?
Il est aussitôt venu arrêter mon feu et m’a redonné ma robe rouge.
-Merci.
Pendant que je me changeais, j’ai remarqué qu’Edward me fixait.
-Il n’y pas moyen d’arrêter ton feu? m’a-t-il demandé. Genre avec un item?
-Peut-être, mais je préférerais quelque chose de permanent!
Quand nous sommes ressortis dehors, trois gardes sont arrivés et nous avons essayé de les convaincre de s’en aller.
-Vous avez fini de parler? nous a demandé Dante. Faut les buter!
-On essaie l’approche pacifique! lui ais-je répondu.
-What the hell? a alors dit Edward. On y va!
Nous les avons donc attaqués et ils n’étaient vraiment pas difficiles à pogner. Malgré ma tendance à tirer dans les murs, j’en ai rapidement touché un.
-La pute m’a pognée! s’est exclamé celui qui a reçu ma flèche.
(Pauvre chou!)
-C’est qui que tu traites de pute? lui a alors crié Dante.
Dante s’est pitché sur le gars qui m’avait traitée de pute et ne l’a pas lâché jusqu’à ce qu’il soit k.o. Je suis perturbée… Nous nous sommes débarrassés des trois gardes très facilement. Quand un des barils de nitro a accidentellement sauté, Lotus a heureusement réussi à faire dévier l’eau pour que la quartiers pauvres ne soient pas touchés par l’inondation. J’aurais bien voulu m’en aller, car le barrage semblait de plus en plus instable, mais Dante disait qu’on devait tenir le coup jusqu’à ce que les autres nous envoient un signal. Mais c’est quoi le signal? Personne ne semblait être au courant. Comme a dit Edward, notre plan n’était donc pas à toute épreuve.

Je priais pour que la suite des événements ne soit pas trop pénible, mais mes vœux n’ont pas été exaucés. Les gardes d’élite de l’archimage, les Demolition Tank Police, et nous ont entourés de toutes parts. D’après ce que j’ai compris, ce n’était pas la première fois que le groupe avait à faire avec eux, ou du moins avec leur chef, Ryu. Pendant qu’une partie des gardes tentaient de désamorcer les barils, les autres nous ont attaqués. J’étais certaine que j’allais y passer, car ils frappaient vraiment fort et ils étaient durs à toucher. Edward est tombé dans les pommes et je serais bien allée le voir pour lui donner une potion, mais j’étais entourée par trois gardes. Quant à Dante, sitôt la bataille commencée, il s’est pitché sur Ryu pour lui faire la peau. Malgré son talent naturel pour la baston, il en arrachait. Ce Ryu n’est pas un deux de pique! J’aurais bien voulu lui prêter main forte, mais avec les gardes qui étaient autour de moi, c’était assez difficile.
-Raven, tire-moi! m’a alors crié Dante.
(Quoi? Mais pourquoi il veut que je le tire? Une minute… C’est ce que la diseuse de bonne aventure m’avait dit : quand il te demandera de tirer, ne le fais pas. Je n’avais que quelques secondes pour prendre une décision. Dante ne me demanderait pas de lui tirer dessus sans avoir une bonne raison, mais j’avais un mauvais pressentiment. J’ai donc préféré continué à tirer sur les gardes qui m’entouraient.

Plus tard, Dante s’est retrouvé dans un mauvais pas quand Ryu l’a emprisonné dans un cercle anti-je ne sais pas quoi et il était incapable d’en sortir. Quand le gars aux cheveux bleus que j’avais vu avec le groupe quand ils s’étaient battus avec les créatures mi-ours mi-cochon et qui n’avait pas particulièrement l’air d’avoir envie de se battre (désolée, je ne me souviens pas de son nom) est arrivé, j’ai cru qu’il pourrait sortir Dante de son cercle, mais il m’a dit qu’il ne pouvait rien faire car c’était de la magie de paladin. C’est à ce moment que nous avons perdu notre sweet Lotus pour la fille du miroir. Je m’explique : à l’arrivée de gars aux cheveux bleus, tous ceux qui étaient une partie de Lotus (Théodore, Vinos, l’homme-lézard et gars aux cheveux bleus) ont pris place à ses côtés et elle a semblé perdre sa personnalité. La nouvelle Lotus n’était pas sweet du tout. Elle a dit que comme presque tout le monde était rassemblé, la guerre allait bientôt pouvoir commencer. C’est à ce moment que le château de l’archimage a commencé à s’écrouler.
-Je pense que c’est ça le signal! me suis-je exclamée. Il faudrait peut-être partir!

Nous avons réussi à nous échapper grâce à la dernière partie de Kazumi qui s’est jointe à nous à ce moment. Elle s’appelle Cristelle et… elle fait de la glace? Peu importe. Elle a fait un pont de glace et nous n’avons eu qu’à nous laisser glisser jusqu’en bas. Le plus difficile a ensuite été de retrouver le port, avec la ville qui n’arrêtait pas de changer de côté. Mais nous avons réussi et le reste du groupe est arrivé peu après. Le bateau a donc pu partir à toute vitesse avant que toute la garde ne rapplique. Après notre départ, les gens se sont séparés en deux groupes (plus quelques indécis) : l’équipe de Kazumi et celle de Lotus. La fameuse guerre entre le feu et l’eau n’est maintenant plus qu’une question de temps. J’ai donné ma parole, je vais me battre du côté de Kazumi. Mais avec tous les pouvoirs qu’ils ont, comment pourrais-je être utile?

jeudi 8 février 2007

Raven 19: I’m so weak

Je suis partie avec Cédric (transformé en fille) pour chercher Cyrianne en ville. Pourquoi? Parce que je n’avais rien d’autre à faire. Et aussi parce que ça me faisait vraiment quelque chose de le voir souffrir ainsi. Comme je lui ai dit plus tôt, il n’est pas aussi pire que je le pensais. C’est… quelqu’un de bien. Seigneur! Je n’arrive pas à croire que je l’ai paté et encore pire que je l’ai huggé pour l’aider à se sentir mieux! Je pense qu’il a été aussi surpris que moi par mon geste. Je pense que je voulais juste l’aider.

Le gars du kiosque d’informations nous a dit que Cyrianne se trouvait dans une auberge à deux rues d’ici. Nous nous y sommes rendus sans problème. Nous étions aux petites heures du matin et le gars au comptoir dormait. Nous l’avons réveillé de quelques coups sur le comptoir et il nous a indiqué la chambre de Cyrianne.
-Ils sont montés il y a quelques heures. Beau petit couple!
-Dante est avec elle, m’a dit Cédric. Il devait la surveiller. Oh…
-C’est correct, je m’en fous.
(Et je le pensais. Ça ne me fais plus ni chaud ni froid de le voir.)
La porte de la chambre était malheureusement verrouillée, mais je suis une voleuse alors pas de problème! Mais la discrétion serait quand même une bonne idée. Je suis retournée voir l’aubergiste.
-Vous avez un double de la clé?
-Bien sûr!
Il nous a jeté un drôle de regard à Cédric et à moi. Je pense qu’il croit que nous faisons partie du harem de Dante.
-Vous pourriez me la donner? Nous voudrions aller rejoindre nos amis. Je promet de venir tout vous raconter après!
-…Pas de problème!
(Cédric a failli avoir une attaque quand il m’a entendu dire ça.)

Nous sommes retournés à la chambre, l’aubergiste sur nos talons, et nous sommes entrés. Dante était couché dans le lit, Cyrianne à ses côtés. Nous avons à peine fait quelques pas qu’il s’est réveillé. Cédric n’était vraiment pas content qu’il se trouve dans le même lit que sa femme et il ne s’est pas gêné pour lui faire savoir. Comme j’ai mentionné, Dante n’a pas encore compris le principe de la galanterie. Quand Dante lui a dit qu’il avait déshabillé Cyrianne pour qu’elle soit plus confortable et qu’il s’est rendu compte qu’elle était complètement nue sous les couvertures, Cédric a ramassé ses affaires et l’a traîné en-dehors de la chambre. Je n’ai eu aucun mal à entendre la conversation. Cyrianne et Dante ont été boire et comme Cyrianne n’arrivait pas à se soûler, Dante lui a fait prendre de l’herbe à 1D4. Dante a répété qu’il ne l’avait pas touchée et que contrairement à ce qu’il avait prétendu, c’était Cyrianne elle-même qui s’était déshabillée. Cédric est allé voir l’aubergiste au comptoir (qui devait en avoir eu assez de nous espionner parce que nous ne faisions pas assez de bruit) et a pris une chambre pour Dante.

Quand il est revenu, je me suis sentie un peu de trop.
-Tu veux que je partes?
-Je vais dormir sur le plancher. Vous pouvez rester si vous n’avez pas peur que je vous saute dessus.
-Je pense que quand elle se réveillera, vous aurez des trucs de couple à vous dire. Il vaut mieux que je parte. Tu… pourrais me prêter de l’argent pour une chambre?
Il m’a prêté quelques pièces et je suis allée voir l’aubergiste pervers.
-Je voudrais avoir une chambre, s’il vous plaît. Je préférerais laisser mes amies tranquilles.
-Je comprend, des femmes mariées…
Je lui ai tendu mon argent, mais il l’a refusé.
-Vous n’avez pas besoin de payer. Suivez-moi.
(Ok… Bizarre, mais je ne vais certainement pas discuter la-dessus.)
Je l’ai suivi jusqu’à une chambre plus loin sur le troisième étage. Avant même que je l’ai remercié, il m’a poussée à l’intérieur et a refermé la porte. J’ai entendu du bruit de l’autre côté, sans pouvoir dire ce que c’était. Ce mec est trop bizarre…

J’étais trop fatiguée pour aller voir ce qu’il manigançait alors je me suis dirigée tout droit vers le lit. J’ai déposé mon sac par terre, je me suis déshabillée et me je suis glissée sous les couvertures. Enfin, une nuit de tranquillité… Au moment où je pensais ça, quelqu’un m’a huggée. What the…? Il y a quelqu’un dans le lit? Quelqu’un qui est en train de me pogner les seins?
-C’est quoi cet oreiller? a dit la voix de Dante.
-Le lit me parle et je connais cette voix…
J’ai tourné la tête vers la gauche et j’ai vu Dante qui me fixait.
-You got to be kidding! s’est-il exclamé.
-Qu’est-ce que tu fais là?
(…L’aubergiste!)
-Je vais buter l’aubergiste!
Je me suis rhabillée en quatrième vitesse et je me suis dirigée vers la sortie. La porte était débarrée, mais elle était bloquée. Le tabarnak! Il m’a enfermé dans la chambre!
-Tu ne pourrais pas faire moins de bruit? m’a demandé Dante.
-Dante, viens défoncer la porte!
-T’es une voleuse! Ouvre-la!

Comme il n’avait pas l’air d’avoir envie de m’aider, je suis allée jeter un coup d’œil par la fenêtre. On était au troisième étage, donc hors de question pour moi de sauter et il n’y avait rien pour que je m’accroche et passe dans une autre chambre par l’extérieur. Merde!
-Dante, défonce la porte! lui ais-je redemandé en essayant de le tirer hors du lit.
-Non.
-Oui.
-Non.
Paf.
-Ow, tu m’as rendu inconscient, m’a-t-il répondu en feignant l’inconscience.
-C’est ça! Allez, défonce la porte!
-Non.
-Prends ça positif : tu défonces la porte pour que j’aille buter l’aubergiste et je ne serai plus là!
-Qui a dit que je voulais que tu partes?
-…Huh?
-Écoute Raven…
-Huh huh…
-J’ai beaucoup parlé à Cyrianne ce soir…
-Huh huh…
-Et je sais que je suis soûl et gelé et que quoi que je puisse dire… Alors…

Il a avancé la main vers moi et m’a arraché mon linge. J’ai aussitôt tenté de me couvrir avec un drap.
-T’es pas bien? Arrête de déchirer mon linge!
Il ne m’a pas répondu et m’a saisie par le bras pour me lancer sur le lit. Il s’est ensuite jeté sur moi et m’a embrassée avec, semblait-il, la ferme intention de ne pas me laisser respirer. Je me suis débattue du mieux que je pouvais et je l’ai repoussé.
-Arrête! Quelle partie de «on n’est plus ensemble» tu ne comprends pas?
-Ça veut dire qu’on ne peut plus baiser?
-Laisse-moi te résumer : toi traiter moi comme de la merde, moi vouloir quelqu’un qui me traite correctement, toi pas pouvoir me donner ce que je veux! Alors c’est fini!
-Mais tu vas faire cramer tous les autres mecs. Je suis le seul qui va résister.
-Ta gueule! Je te hais!
-Et c’est pour ça que quand je te touche là…?
Il a dirigé son doigt vers mon ultime point sensible dans le bas de mon dos.
-Non! Ne…! Aaah!
Je me suis tout de suite mise à frissonner. Je suis trop faible!
-Je te hais Dante!
-I know you do baby.

Il s’est de nouveau penché vers moi et m’a encore embrassée. Plus il insistait et plus je sentais ma raison basculer. Je ne devrais pas faire ça, ça ne mène à rien, mais j’en ai tellement envie, ça me manquait. Étant donné que ce sera sans doute notre dernière nuit (on va probablement tous mourir demain), autant en profiter au maximum. Alors cette fois-ci, c’est lui qui va subir.

Pourquoi m’arrêter en si bon chemin? Parce que la scène dans son intégralité fait environ huit pages. Un peu trop long pour mettre dans mon blog! Alors si vous voulez lire le reste de ces perversités, vous n’aurez qu’à venir me supplier! Bouhahaha!! Mais en voici un court résumé pour vous mettre l’eau à la bouche :
-la 1ère fois, c’est Raven qui a sauté sur Dante et c’est lui qui a crié.
-la 2e fois s’est déroulée sur le mur, la table et s’est terminé sur le sol. C’est encore Raven qui lui a sauté dessus.
-la 3e fois, ils sont retournés dans le lit et c’est Dante qui a sauté sur Raven, mais seulement après qu’elle l’ait provoqué.
-Résumé de la nuit : Raven et Dante ont crié tout autant l’un que l’autre, mais Raven a le dos vraiment scrap à cause des marques d’ongles que lui a fait Dante.

lundi 5 février 2007

How I broke the heart of the sweetest, nicest and most caring man this world has ever known

Je me suis réveillée la tête dans le creux de l’épaule de Talis. Il m’entourait de ses bras et me serrait contre lui comme si c’était la dernière chose qu’il devait faire. Je savais qu’après les épreuves que nous venions de traverser il s’était beaucoup inquiété pour moi, mais je me sentais très mal à l’aise d’être aussi près de lui. Le plus doucement que je pouvais, je me suis éloignée de lui et je me suis levée. Je suis ensuite allée m’asseoir et je l’ai regardé dormir pendant quelques minutes. Qu’est-ce que je fais? Comment puis-je lui annoncer une telle nouvelle? Comment trouverais-je le courage de lui dire que je le quittais pour Nakago, alors que je savais que ça allait le mettre en pièce? Une seule chose était certaine, je ne pouvais pas retarder cette épreuve plus longtemps, car plus j’attendais et plus ça serait pénible, pour tout le monde.

J’ai avancé mon doigt vers lui et je l’ai poké. Il s’est tout de suite réveillé.
-Hein? Quoi?
-Salut.
-Salut. C’est le matin?
Il s’est assis sur le lit et les rayons du soleil sont venus l’aveugler.
-Oui, c’est le matin. Tu veux aller manger Lili?
-…Non… Il faut qu’on parle.
-De quoi?
-…Tu ne vas pas aimer ça…
-Tu as l’air préoccupée. Qu’est-ce qui se passe?
-…
Je me suis levée et j’ai commencé à marcher dans la pièce en me tenant la tête à deux mains. Je n’arrive pas à faire sortir les mots de ma bouche, c’est tellement dur! Quand je me suis retournée vers Talis, il s’était levé et s’était approché de moi.
-S’il y a quelque chose qui ne va pas, tu sais que tu peux m’en parler Lili.
-…J’ai vu Nakago.


Rien qu’en entendant ce mot, l’expression sur le visage de Talis a changé.
-Oh… Quand?
-Euh… Hier, je crois. Je ne suis plus très sûre de quel jour on est.
-Qu’est-ce qui s’est passé?
-…Il m’a dit qu’il m’aimait toujours.
-Oh…
Je sentais les larmes couler au coin de mes yeux et j’avais de plus en plus de difficulté à le regarder pendant que je lui parlais.
-C’est lui que tu as choisi, n’est-ce pas?
Sachant très bien qu’à cet instant même je venais de briser son cœur en plusieurs morceaux, j’ai baissé les yeux et j’ai hoché la tête.
-…Je suis désolée.
-Je m’y attendais un peu.
-Pas moi!
Je ne voulais pas que ça se termine ainsi! Je ne voulais pas que ça se termine du tout!
-C’est ton choix et je ne peux pas te forcer.
-Je suis désolée.
-You know that I love you, right? m’a-t-il demandé.
-Je sais. Je suis désolée.
I love you too, but it’s not the same.


J’ai levé les yeux vers lui et quand j’ai croisé son regard, c’est mon cœur qui s’est serré à m’en faire mal dans ma poitrine. Talis était complètement démoli, il était dans une souffrance indescriptible et je voyais qu’il se retenait pour ne pas pleurer. Tout ça c’est à cause de moi et il n’y a rien que je puisse faire pour le soulager de sa douleur.
-Je suis désolée. Je ne sais pas quoi dire à part que je suis désolée, mais je sais que ça n’aide pas.
-I swear, if he ever treat you badly…
-Je préférerais que tu ne t’en approches pas. Il ne t’aime vraiment pas beaucoup.
-Je ne l’aime pas non plus!
-Oui, mais lui il est plus du genre «kill on sight».
-Oh.
Et quoi que tu puisses penser de moi en ce moment, jamais je ne voudrais qu’il t’arrive quoi que ce soit, je ne le supporterais pas.


Un silence très gêné régnait maintenant entre nous deux. Talis n’avait pas l’air de savoir quoi me dire et je ne voyais pas ce que j’aurais pu ajouter. Car quoi que je dise, ça ne lui aurait que brisé le cœur un peu plus. J’ai ravalé mes larmes du mieux que je pouvais et j’ai pris une décision : il valait mieux que je parte.
-Je crois… Je crois que je vais prendre mes affaires et aller dans une autre chambre… C’est mieux comme ça…
J’ai ramassé mon sac à dos et je me suis préparée à sortir.
-Can I hold you one last time? m’a-t-il demandé, la voix brisée par l’émotion.
Sans dire un mot je me suis approchée de lui et je me suis collée contre lui. Ses bras ont entouré ma taille et il m’a serrée contre lui à m’en faire craquer les os, le visage enfoui dans mes cheveux. Il y avait quelque chose de très désespéré dans ses gestes, comme s’il voulait graver à jamais dans sa mémoire mon odeur, la douceur de mes cheveux, la sensation de nos deux corps pressés l’un contre l’autre. Après toute la douleur que je venais de lui causer, jamais je n’aurais osé lui dire non. J’ai donc répondu à son étreinte la tête dans le creux de son épaule et les bras autour de son cou.


Lentement, très lentement, comme s’il voulait retarder le plus longtemps possible notre séparation, il m’a relâchée et je me suis éloignée de quelques pas. La peine que je voyais sur son visage était toujours aussi intense, sinon plus.
-Je pense… que je vais partir maintenant.
J’ai de nouveau baissé les yeux et après avoir ramassé mon sac, je suis sortie de la chambre, de notre chambre… J’ai filé directement aux cuisines et j’ai pris les deux premières bouteilles de vin que j’ai vues. Sans accorder le moindre regard aux membres du groupe que j’ai croisés, j’ai couru jusque dans les jardins du temple et j’ai mis le plus de distance possible entre moi et le dortoir, entre moi et Talis. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas totalement stupide : j’ai pris soin de me cacher derrière un arbre afin de laisser une distance assez raisonnable entre moi et la route pour éviter de me faire voir.


À bout de forces, physiquement mais surtout émotionnellement, je me suis laissée tomber par terre, j’ai déposé mon sac à côté de moi et j’ai ouvert la première bouteille, avec la ferme intention de ne pas arrêter de boire tant que je ne me serais pas intoxiquée à l’alcool. Je sais que c’est loin d’être la chose la plus brillante à faire dans mon état, mais je défend quiconque de m’en tenir rigueur. Je sais que boire ne réglera rien, car je me sentirai toujours aussi mal lorsque je me réveillerai de ma beuverie. Mais pour un instant, juste un instant, je voudrais tout oublier. Le niveau de la bouteille baissant dangereusement vite, ma vision brouillée par les larmes, j’ai regardé la ville en essayant de m’imaginer où se trouvait Nakago en ce moment. Je donnerais n’importe quoi pour être avec toi en ce moment, j’ai tellement besoin de toi, tu n’as pas idée… Seigneur! Je suis encore plus un monstre que je pensais! Je viens de quitter Talis et je pense à Nakago. C’est juste que… j’ai besoin que quelqu’un me serre dans ses bras, me serre dans ses bras jusqu’à ce que je tombe d’épuisement à force d’avoir trop pleuré. Et la seule personne qui puisse me réconforter en ce moment, c’est Nakago.


Je ne pense pas qu’aucun membre du groupe aura envie de me parler quand ils apprendront ce que j’ai fait. Moi-même, je ne sais pas si j’aurais envie de parler avec quelqu’un ayant fait ce que je viens de faire. Enceinte de deux mois et demi, je viens de quitter le père de mon enfant pour retourner dans les bras de ancien amant, que je n’ai jamais cessé d’aimer, même si j’ai tenté de nier de toute mes forces ces sentiments. Je n’ai jamais voulu que ça se passe ainsi, je m’étais vraiment dit que je dirais à Nakago que c’était terminé entre nous et que je lui redonnerais sa bague. Sa bague… J’ai fouillé jusque dans le fond de mon sac et j’ai sorti la bague en question. Je ne l’avais pas contemplée depuis… depuis que j’avais commencer à sortir avec Talis en fait. Je suppose que je n’ai plus aucune raison de ne plus la porter maintenant. J’ai fait mon choix, alors aussi bien le faire savoir au reste du monde. J’ai remis la bague à mon doigt, me jurant de ne plus jamais l’enlever. Je t’ai promis de ne plus jamais douter de toi Nakago, alors j’ai bien l’intention de tenir ma parole. Cette décision qui aurait dû me combler de joie faisait au contraire couler encore plus de larmes sur mes joues.


Je ne voulais pas y penser, mais je sais maintenant que ça ne pouvait pas être évité : quelqu’un allait souffrir, c’était évident. Mais jamais je ne pensais que ça serait aussi pire : Talis a le cœur en miettes et il ne mérite pas ça. Il n’a jamais rien fait pour me faire souffrir. Au contraire, il a toujours tout fait pour me réconforter et me protéger. Talis est la gentillesse incarnée et c’est ce qui m’a attirée vers lui en premier lieu. Après l’épisode de Hopesor, j’avais un besoin désespéré d’être aimée et je me suis naturellement tournée vers Talis, car malgré la manière dont je l’avais traité à Wateryard, il avait toujours été tout ce qu’il y a de plus adorable envers moi. Je ne regrette pas ce qui s’est passé entre nous, je ne le regretterai jamais, mais l’erreur que j’ai commise, a été de cesser de croire en Nakago, me jeter dans les bras de Talis alors que Nakago était toujours présent dans mon cœur, même si je croyais le contraire. J’aurais dû attendre, attendre d’éclaircir mon histoire avec Nakago avant de dire à Talis que je l’aimais. Si je l’avais fait, Talis et moi ne serions peut-être jamais sorti ensemble et il n’aurait pas le cœur brisé en ce moment. J’ai été égale à moi-même, j’ai baissé les bras avant même d’avoir essayé et aujourd’hui j’en paye les conséquences : j’ai brisé le cœur de l’homme le plus gentil, doux et adorable que j’ais jamais rencontré et que je rencontrerai jamais. Je suis désolée Talis…

samedi 27 janvier 2007

Raven 18 : Soon, everything is going to be over…

Nous sommes revenus à la maison et Dante a continué à monter des barils du sous-sol. Quand il a vu que Nico pouvait le faire juste en bougeant ses doigts, il n’a pas été très content.
-C’est maintenant que tu fais ça? Je me suis pété le dos à lever cinq barils!
-C’est moi qui les ai levés, a répondu Cédric. T’en as levé juste un!
-…Ta gueule!
Il est sorti dehors pour fumer et je l’ai suivi, avec l’intention d’en finir. Malheureusement pour moi, Edward était là, en train de décharger les barils des chariots.
-Edward, rentre en-dedans.
-Pourquoi?
-Rentre en-dedans, s’il-te-plaît.
À ce moment, Kira et Nico sont sortis pour s’entraîner avec lui. Je n’aurai donc jamais la paix?

Ils ont fini par s’éloigner un peu et j’ai continué d’essayer de convaincre Edward de rentrer.
-Pourquoi? m’a-t-il redemandé.
J’ai fait un signe de tête vers Dante et j’ai frappé dans ma main avec mon poing.
-Ah, je vois…
-…Non! Je veux le crisser là! Pas me le taper!
-Pourquoi?
-…T’étais où les deux derniers mois?
-Je pensais que c’était votre type de relation.
-Non! À lui, mais pas à moi!
-Vous parlez de quoi? nous a interrompus Dante.
-…De barils, a répondu Edward.
-…C’est ça.
-Il y en avait, mais là il y en a moins, a continué Edward.
-J’espère que tu n’as pas tout bu? lui a demandé Dante.
-On est tous au courant Edward, ais-je ajouté. Allez, rentre en-dedans.
-Oui. Je vais rentrer pour… méditer.

Quand je me suis retrouvée seule avec Dante, j’ai pris une grande inspiration. Come on girl, you can do it. Je lui ai assené un coup de poing le plus fort que je pouvais sur la mâchoire.
-Ow. Pourquoi?
-Parce que tu es un criss de cave! Tu n’arrête pas de m’insulter, de me dénigrer en tant que femme, en tant qu’elfe, en tant que blonde! Tu me traites toujours comme une esclave!
-Nomme-moi 33 occasions où je t’ai traitée comme une esclave!
-Et bien…
(Je n’ai eu aucun mal à le faire.)
-Pour vrai?
-Oui!
-T’es en train de me dire quoi là?
-Je suis en train de te crisser là, épais! Trouve-toi une autre recharge portative! Moi, j’en ai plein mon casque! Je n’ai pas signé pour ça!
-Tu n’as pas signé du tout! On se connaît juste depuis deux mois! Ne t’attends pas à ce que je change en deux mois!
-C’était une façon de parler! Ne compte plus sur moi pour recharger ton feu! Salut!

Je suis rentrée à l’intérieur, avant de me mettre à pleurer devant lui.
-Edward, il reste de la boisson dans le cabinet de la salle de bain?
-Je crois oui.
-Tant mieux.
Je suis allée m’enfermer à double tour dans la salle de bain et j’ai ouvert une bouteille de vin, que j’ai commencé à caler comme si c’était de l’eau, tout en pleurant toutes les larmes de mon corps. Je suis tellement trop conne! J’aurais dû arrêter ça bien avant! Edward, Cédric et Kira sont venus tour à tour cogner à la porte pour me remonter le moral (tentatives très pathétiques, sauf de la part de Cédric) et essayer de me faire sortir.
-Raven, sors! m’a demandé Kira.
-Non! Partez!
-Écoute, je te rappelle que tu pouvais le ramener sans mémoire, à neuf!
-Je sais! Tu n’es pas obligé de me le rappeler!
-Tu sais, toutes les fois où il a surgi de nulle part pour te sauver, ce n’était pas prédestiné. Tu as été modifiée à partir de mon gant, alors vous êtes sur la même longueur d’ondes, c’est tout. Ça t’aider à l’oublier.
-…Non! Ça ne m’aide pas!

Qu’est-ce que ça veut dire? Il ne m’a jamais aimée? Il était avec moi parce qu’il croyait tenir à moi, alors que c’était seulement parce que nous sommes liés par notre feu? J’ai espéré tout ce temps… pour rien? Toc, toc. C’était Cédric.
-Va-t-en!
-Écoute Raven, tu es une fille formidable et tu mérites mieux que ça.
-Va-t-en!
-Si tu as besoin de parler, je ne serai pas loin.
-… (Merci Cédric)
Il s’est éloigné et j’ai continué à boire. Je voudrais juste tout oublier. Toc, toc.
-On a besoin de la salle de bain! m’a crié Cédric.
-Va-t-en!
-On a besoin de la baignoire pour préparer la poudre noire!
Comprenant que je n’aurais jamais la paix, j’ai rapidement séché mes larmes et je suis sortie.

J’ai ouvert la porte et sans regarder Cédric, je me suis dirigée vers la sortie.
-Hé!
-Fous-moi la paix! Je vais aller me soûler!
-Ce n’est pas une bonne idée!
-Arrête-moi alors!
Cédric m’a saisie par le bras.
-C’était sarcastique! Fous-moi la paix!
Il m’a lâchée et je suis sortie. Mais n’ayant aucune intention de me laisser m’aventurer en ville seule dans mon état émotionnel instable, il s’est transformé en fille et m’a suivie. Je suis entrée dans le premier bar miteux que j’ai vu et je suis allée m’asseoir directement en face du barman.
-Ça n’a pas l’air d’aller ma p’tite dame!
-Non!
-Est-ce que vous venez de domper votre mec et il s’appelle Dante?
En entendant ce nom, j’ai commencé à cogner ma tête sur le comptoir.
-Je ne veux plus entendre ce nom!
-Il est passé par ici. Il ne sait vraiment pas reconnaître une femme!
J’ai remarqué que le barman me faisait de l’œil. Ça m’a mis un peu de baume sur le cœur. Ça m’a mis un peu de baume sur le cœur. On me dit que je suis formidable, que je suis une jolie femme… N’eut-ce été des circonstances, j’aurais vraiment apprécié les compliments. Mais aujourd’hui, ça n’avait plus aucune importance que je sois formidable ou jolie parce que bientôt, tout serait fini. J’étais en train d’avoir des pensées de plus en plus sombres quand Cédric s’est assis à côté de moi.
-Va-t-en!
-Il vaudrait mieux s’en aller.
-Non! Je veux rester pour me soûler! Va-t-en!
-Qui va vous ramener quand vous ne pourrez plus marcher?
-Je ne vais pas repartir!
-On va s’inquiéter pour vous.
-(Yeah right!) Qui va s’inquiéter pour moi?
-L’alcool ne règle rien.
-Y’a rien de mieux que la boisson pour oublier les problèmes de cœur! est intervenu le barman.
-Lui, il a compris!
-C’est ça! a répondu Cédric. Et demain elle s’en souviendra encore!
-Je m’en fous! Je veux oublier pour l’instant!
-D’accord! s’est résigné Cédric.

Après la deuxième bouteille, j’ai arrêté de compter les bouteilles qui s’alignaient devant moi. Je ne me souvenais même plus pourquoi j’étais là, mais j’avais quand même envie de continuer à boire. Cédric ne me disait rien, se contentant de me tenir compagnie en silence, repoussant tous les hommes qui tentaient de m’approcher. J’ai aussi le très vague souvenir d’avoir eu mon arbalète en main. Mais pourquoi je l’ai sorti de mon sac et pourquoi le type là-bas est en train de crier? J’étais en train d’essayer de me rappeler la raison qui m’avait poussée à boire ainsi quand Nérul est arrivée.
-Oh non , pas elle.
Elle est venue s’asseoir à côté de moi.
-On pourrait s’en aller? m’a suggéré Cédric.
-Non! Moi je veux boire!
-Je veux tout ce qu’elle a bu! a demandé Nérul au barman.
Il a poussé devant elle une… deux… trois… quatre… cinq bouteilles.
-So, having fun with your new boy toy, are you? m’a-t-elle demandé.
-Tu peux le ravoir si tu veux!
-Il n’est pas si doué que ça au lit de toute façon! m’a-t-elle répondu.
-(Moi j’ai été très satisfaite) Et c’est un criss de crétin!
-Qui voudrait d’un type qui fantasme sur son elfe? a-t-elle commenté.
-(Huh?)…C’est ça! Pour quelqu’un qui fantasme, il a de drôles de manières de le montrer!
-Whatever!

La bouteille que j’avais en main était vide et Cédric aurait bien voulu qu’on parte.
-Non! Je veux rester pour boire! Allez, bois aussi!
-D’accord! On part après!
-C’est ça! Tu partiras après!
J’ai continué à boire encore et encore jusqu’à ce que je m’écrase sur le comptoir. Je me suis faite réveiller par quelqu’un qui me brassait. Hein? Cédric? Je suis sur le divan dans notre planque? Cédric a dû me ramener hier soir.
-Ça va? m’a-t-il demandé.
J’avais un mal de bloc énorme, comme je n’en avais jamais eu.
-J’ai mal à la tête!
-Tenez.
Il m’a tendu un verre d’eau et une aspirine (Ou était-ce une Tylénol? Ou une Advil?).
-Merci.
-Si vous voulez continuer à aller bien, n’allez pas dans la cuisine.
(Hein?)

Même si j’avais voulu, je n’aurais pas pu me lever pour aller dans la cuisine, tellement je me sentais étourdie. Je suis donc restée allongée sur le divan, attendant que mon mal de tête passe. Je n’ai écouté que distraitement ce qui se disait, tellement ma tête m’élançait, jusqu’à ce que j’entende Kira dire que comme ça risquait d’être notre dernière journée, il fallait en profiter. Ensuite, ça s’est mis à parler de sexe dans la cuisine et ça n’arrêtait plus. Mais c’est une bande d’obsédés? Je me suis finalement levée et je suis allée voir ce qui se passait.
-Mais pourquoi vous n’arrêtez pas de parler de cul? leur ais-je demandé.
-Tu n’as pas entendu ce que Kira a dit? m’a répondu Kazumi.
Bien sûr que j’ai entendu, mais je viens de domper la seule personne avec qui j’aurais pu avoir envie de passer cette dernière journée!

Chacun est reparti de son côté avec un être cher et moi, après avoir jeté un bref regard vers Dante, qui était écrasé sur la table de cuisine, je suis retourné dans le salon pour déprimer. I’d love to have someone special, but I don’t, not anymore. Je m’apitoyais encore sur mon sort quand j’ai entendu des bruits venir de la chambre à coucher, des bruits qui ne laissaient place à aucun doute quant à l’activité que les deux personnes qui s’y trouvaient pratiquaient. J’ai préféré partir en ville, car si je restais, je sentais que j’allais vraiment me tirer une balle! J’ai donc pris tout mon temps pour aller magasiner. Je voulais m’acheter des outils de voleur, me disant que ça pourrait être utile demain. Je n’avais pas assez d’argent pour m’acheter le top classe, mais j’ai quand même tout dépenser ce qui me restait de pièces d’or pour m’acheter le meilleur que je pouvais me permettre. À quoi ça aurait servi de me payer de la scrap de toute façon, tout ça pour qu’il me reste de l’argent en poche? Bientôt, je n’aurai plus besoin d’argent anyway! J’ai aussi pris le temps de réfléchir, pendant que je m’en retournais à la planque. J’ai fait le premier pas, en dompant Dante, mais j’avais toujours quelque chose qui me rattachait à lui.

Quand je suis revenue, j’ai filé directement à la cuisine : Dante avait toujours le visage écrasé contre la table. Je me suis avancée vers lui et sans rien dire, j’ai enlevé la bague qu’il m’avait donnée et je l’ai déposée devant lui. Sans un regard en arrière, j’ai fait demi-tour pour retourner m’apitoyer sur mon sort dans le salon.
-Raven? Attends.
Je n’aurais pas dû l’écouter, mais je me suis quand même arrêtée.
-Quoi? Qu’est-ce que tu veux Dante?
-Écoute, j’ai vraiment agi comme un con et je suis…
Toc, toc.
-Je reviens.
Il est allé ouvrir la porte et une vingtaine de filles et tout autant d’hommes sont entrés. What the fuck?
-C’est ici le party? a demandé l’un d’entre eux?
Prise d’une sorte de folie collective, ils se sont tous déshabillés. Quessé ça? Pas question que je reste ici moi!
-Merde! Les barils de nitro! S’est exclamé Dante. Cédric! C’est pour toi!

Pendant que Cédric se démerdait avec nos invités surprise, j’ai donné un coup de main à Dante pour mettre les barils de nitro hors de portée de ses malades mentaux. C’est vrai, j’avais oublié de le dire! Au lieu de poudre noire, nous avions de la nitro. Il fallait donc faire extrêmement attention. Les exhibitionnistes se sont faits chasser de la maison par Cyrianne sous sa forme de dragon et le calme est revenu. Je me suis tournée vers Dante.
-Alors… Tu voulais me dire quoi?
-Euh… Ah, c’est vrai! J’ai vu une demi-elfe! Ça existe vraiment!
Mais quel con! Ou plutôt, quelle conne! Comment ais-je pu être assez stupide pour croire qu’il allait s’excuser? Sans rien ajouter d’autre, Dante a fait demi-tour pour prendre en chasse la bande de nudistes qui parcouraient maintenant les rues de la ville.
-Attends! Tu oublies quelques chose! lui ais-je dit d’un ton fâché.
Il s’est retourné vers moi et je lui ai lancé la bague que j’avais déposée sur la table de la cuisine.
-Cool, s’est-il contenté de dire avant de la mettre dans sa poche et de partir.

God, I’m hopeless. Je le laisse et pourtant je continue d’espérer. I can’t seem to be able to get him out of my system. But it doesn’t matter anymore, because tomorrow, everything is going to be over...